BAZEILLE
Le blâme qui voudra, moi je Taime ce prêtre ! Est-ce sa faute à lui s'il perdit la raison.
Si des frissons de haine ont traversé son être. Lorsque les Bavarois, les poings pleins de salpêtre. Brûlaient homme par homme et maison par maison?
Ils avançaient ainsi, dévastant le village.
Ne laissant derrière eux que ruine et que mort, El qu'importait le sexe, et que leur faisait l'âge! N'avait-on pas tenté d'arrêter leur passage? Féroces par calcul, ils tuaient sans remord.
La place de l'Église était encore à prendre, Mais nos soldats luttaient d'un cœur mal assuré, Et quelques-uns déjà murmuraient de se rendre. Lorsque sur le parvis un cri se fait entendre : « Aux armes ! mes enfants ! » C'était le vieux curé.
Et, passant sa soutane aux plis de sa ceinture.
Faisant aux paysans signe de l'imiter, Il ramasse un fusil que la mort lui procure : Chacun s'arme, chacun s'excite et se rassure, El la poudre aussitôt recommence à chanter.
Pif! paf! Les Bavarois s'avançaient en colonne; Derrière un petit mur on se mit à couvert; • Feu! commandait le prêtre, et que Dieu me pardonne ! Les habits bleus tombaient comme les bois d'automne. Mais leur flot grossissait toujours, comme la mer.
La lutte se finit, hélas! comme on peut croire, Mais les fiers Allemands ont regardé, surpris. Ces paysans couchés sous la muraille noire; Ce fut court, mais ce fut assez long pour la gloire : Le curé de Bazcille est mort pour son pays!