‹ Chants du soldat (volume 2)Chapitre 29 sur 50 · LA DIANE · texte numérisé non relu

LA DIANE

O misère de la richesse !

L'or jaillit sans cesse et sans cesse Du beau sol dont Dieu nous fit don ; Le voleur d'hier nous surveille, Et ce peuple est là qui sommeille Bercé par quelque gai fredon...

Ah ! Clairon, réveille, réveille, Ah! Clairon, réveille-nous doncl

MARCItES ET SONNERIES

C'est un lourd fardeau que la haine,

Et le repos de l'âme humaine,

C'est l'oubli qui mène au pardon :

Mais Metz pleure, mais Strasbourg veille,

Et la conquête se fait vieille.

Et le conquérant se fait bon...

Ah ! Clairon, réveille, réveille, Ah ! Clairon, réveille-nous donc !

Qu'un soufflet nous frappe au visage ! , ■ Baissez le front ! > nous dit le sage...

Le sage ! Est-ce bien là son nom> Sait-il bien ce qu'il nous conseille ?

Baisser le front, c'est à merveille.

Mais le relever pourra-t-on ?

Ah ! Clairon, réveille, réveille.

Ah ! Clairon, réveille-nous donc !

Sonne, sonne ! qu'à ta fanfare La grande France qui s'égare Reprenne enfin son ancien ton. Ouvrons le cœur, tendons l'oreille.

Et que la langue de Corneille Nous souffle l'âme de Caton.

Va! Clairon, réveille, réveille,

lairon, réveille-nous donc !

."Vi--

• Htlas, dit [e vieillard, l'heure n'approche guère. <

A Alphonse de Neurilli:

Oui, vous avez raison, mais plus tard, rien ne presse- Dit le jeune homme au cœur encor mal aguerri ; Laissez-moi voir la vie et goûter ma jeunesse, Nous en reparlerons lorsque j'aurai mOri.

Je suis pour les mots courts et pour les phrases brèves, Dit l'homme fait, sachons nous recueillir tout bas; A quoi sert-il d'aller ébruiter nos rêves.

Nous en reparlerons au matin des combats.

20b MARCHES ET SONNERIES

Hélas, dit le vieillard, l'heure n'approche guère. Les chemins du retour sont loin d'être aplanis ; Vivons d'abord en paix, avant d'entrer en guerre. Nous en reparlerons quand nous serons unis.

Et les conquis, lassés de leur persévérance, Cherchant déjà les mots par le vainqueur exclus : t O Français, oublieux de dix ans de souffrance. Vous en reparlerez quand nous n'entendrons plus.

AU PORTE-DRAPEAU

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