‹ Chants du soldat (volume 2)Chapitre 37 sur 50 · MURCIE · texte numérisé non relu

MURCIE

- Sullan vainqueur, • diWI, ■

A mon vieil ami Jules Leroux.

En ces temps-là, vers l'an sept cent dix du Messie

Ayant Abd-el-Aziz bea Mouça pour émir,

Les Arabes faisaient le siège de Murcie :

Les Goths d'Espagne avaient pour chef Théodomir.

Or, des murs de Tolède aux murs de Cartbagène, On voyait sur la croix resplendir le croissant. Et par cinq ans entiers de résistance vaine L'Espagne était à bout de forces et de sang.

Seule encore, Murcie arrêtait la conquête.

Théodomir, forçant les Sarrasins surpris, Avait su rallier, au soir d*une défaite, Dans la ville en ruine une armée en débris.

Abd-el-Aziz avait souri de l'entreprise :

Ses Arabes étaient plus nombreux douze fois ; Un seul assaut d'une heure et Murcie était prise... Et Murcie en trois jours en eut repoussé trois.

Car ces vaincus étaient d'invincible nature, Sachant, si près que soit le glaive menaçant. Qu'une trop prompte paix fait la honte qui dure, Et que l'honneur d'un peuple est plus cher que son sang

Pourtant elles étaient terribles les batailles. On en tuait pourtant de ces chiens de chrétiens; Mais toujours leurs soldats couronnaient les murailles, Et jamais leurs créneaux ne restaient sans gardiens.

Après trente longs jours de défense tenace, Abd-el-Aziz songeur ne savait que penser :

c Ils ne sont pas en tout trois mille dans la place. » Où prennent-ils le sang que je leur fais verser? »

Tharick, son lieutenant, lui dit : « Ces gens qu'on tue, » Se font tuer, Seigneur, sûrs qu'il leur faut mourir. » Mais promets-leur la vie, et Murcie est rendue. » Abd-el-Aziz lui dit : « Tu peux la leur offrir. »

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