LE TURCO
» Je veux jusqu'au bout chasser ces bandits; » Je veux pouvoir dire à ma mère aimée :
» — Si je te reviens, c'est qu'ils sont partis. » Non, je ne veux pas quitter notre armée » Tant que les Prussiens sont dans mon pays. »
Pendant quelques jours, le sort nous fit fête, Et les Allemands fuyaient devant nous.
Mais ils s'étaient fait un camp de retraite ; Devant ces fossés leur fuite s'arrête.
Et tous ces renards rentrent dans leurs trous. Pendant quelques jours, le sort nous fit fête. Et les Allemands fuyaient devant nous.
Les remparts sont hauts, la plaine est immense.
Tout ce qui s'approche est bientôt détruit.
On fuit, on revient, l'assaut recommence;
Et le régiment des Turcos s'élance,
Et le régiment des Turcos périt...
Les remparts sont hauts, la plaine est immense.
Tout ce qui s'approche est bientôt détruit.
L'enfant est tombé, frappé d'une balle.
Mais un vieux soldat l'a pris sur son dos.
Il ne connaît pas la fuite fatale ; La mort a déjà cerné son front pâle ; Ses yeux sans regards sont à demi clos.
L'enfant est tombé, frappé d'une balle.
Mais un vieux soldat l'a pris sur son dos.
Et le grand Arabe est )à qui le garde.
Au bord d'une source, au fond d'un ravin.
Au loin le canon mugit et bombarde.
Levant doucement sa tétc hagarde.
Son regard mourant s'anime soudain.
Et le grand Arabe est là qui le garde, Au bord d'une source, au fond d'un ravin.
« Où sont les Prussiens? Réponds, réponds vite.
• Les avons-nous bien vaincus cette fois?
» Sommes-nous en France, et sont-ils en fuite? Et l'enfant, voyant que l'Arabe hésite.
Reprend tristement de sa douce voix :
• Où sont les Prussiens? Ah! réponds-moi
• Dis, les avons-nous vaincus cette fois? »
Et le vieux Turco se prit à lui dire :
t Oui, petit Français, tu les as vaincus.
» — Alors, je m'en vais; veux-tu me conduire?
» O ma chère mèrel... » Et dans ce sourire
L'enfant s'endormit et ne parla plus.
Et le vieux Turco ne cessait de dire :
■ Oui, petit Français, tu les as vaincus. »
FRAGMENT
Give me some ink and paper in my tenl ril draw tbe torm and model of our battlet Limit each leader to bis se veral charge:
Andpart in just proportion, oursmall power*
(Shakespeare — Richard III.)
La soupe est sur le feu, [c vin dans ta bouteille...
Fragment.
FRAGMENT
Il fait nuit; la diane a sonné, tout s*éveille; Les hommes sont sortis des tentes qu'on abat; La soupe est sur le teu, le vin dans la bouteifie. Et, chantant et riant à la flamme vermeille, Ces diables de Français commencent leur sabbat : C'est le joyeux lever d'un matin de combat.
Pourtant nos ennemis, qu'aucun feu ne dévoile, Ont entendu, muets, ces cris qu'ils ont comptés; lis ont compté,la veille, aux blancheurs de la toile,
38 CHANTS Dr SOLDAT
Combien d'hommes campaient dans ces immensités. Dans nos feux de bivouac ils comptent chaque étoile ; Et leurs ordres sont pris, et leurs plans arrêtés.
Mais eux, combien sont-ils, les Prussiens) — On Ignore,
Personne ne le cherche cl n'a l'air d'y songer.
On chante dans la nuit, on se bat à l'aurore.
Et sans savoir par où l'assaut va s'engager ;
On sait que les Français sont des Français encore,
Et qu'ils se tourneront du côté du danger.
— C'est ainsi que se perd, grande et presque admirable, Sous cet orgueil léger, la valeur d'un pays; C'est ainsi que la faute en remonte implacable Des soldats mal guidés aux chefs mal obéis ; C'est ainsi que des fous, que leur folie accable. Disent :<Dieu n'est pas juste et l'on nous a trahlst»