LA MARSEILLAISE
Ahl ne la chantons plus, par pitié pour nous-mêmes; Le jour venu, marchons sans cris et sans blasphèmes. Comme de fiers vaincus, qui, sûrs de leur effort, N'ont qu'un but : la revanche, ou qu'un recours : la mort.
D'ailleurs, écoutez bien cette histoire maudite. Et que, si quelques-uns vous l'ont déjà redite. Si déjà vous l'avez entendue et souvent, Tant mieux : clou martelé n'entre que plus avant.
3a CHANTS bV SOLDAT
Vous l'aimez, n'est-ce pas, notre hymne populaire?
Vous aimez ses élans et sa sainte colère;
Vous y cherchez toujours, fils encore orgueilleux,
Le subhme passé de vos puissants aïeux;
Et vous vous rappelez, à cette voix féconde,
Nos trois couleurs flottant aux quatre coins du monde,
Les peuples confondus et les rois affolés;
La grande France enfin! vous vous la rappelez?
Eh bien, rappelez-vous qu'au jour de la défaite,
Qu'à Sedan — ce nom seul vous fait courber la tète —
Rappelez-vous, Français, qu'en ce jour de malheurs,
Tandis que les vaincus se rendaient aux vainqueurs.
Tandis qu'ils emportaient dans leur âme meunrie
Le spectre mutilé de la pauvre Patrie,
Qu'ils pleuraient la défaite et quittaient les combats,
Enfin qu'ils s'avançaient, sans armes, nos soldats,
O coup que rien n'efface! ô mal que rien n'apaise :
Le clairon prussien sonnait !a Marseillaise!