‹ Chants et chansons de la SavoieChapitre 120 sur 202 · RENDEZ-VOUS, VISITES ET SÉRÉNADES · texte numérisé non relu

RENDEZ-VOUS, VISITES ET SÉRÉNADES

« Trop pencer me font amours.

Dormir ne puis Si je ne voy mes amours Toutes les nuyts. »

(G. Paris : Ch. du xv' s ., n* xxx.)

C'est le samedi soir, surtout, que les jeunes gens s'en vont à la « veillée » qui offre, aux uns le délassement nécessaire après une semaine de labeur, aux autres l'occasion de « fréquenter » leurs « bonamies ». Tantôt c'est à la veillée de travail 1 , dans les granges ; tantôt c’est à la veillée familiale, à la maison, dans le pélô, rencontre plus intime et plus douce, réservée aux « prétendus » 2 dans les maisons où il y a des filles à marier.

Les plus dégourdis, comptant sur la complicité des « belles», leur font des visites clandestines, le soir, en trompant la vigilance des parents; et, s'ils n’usent pas de la poétique échelle de Roméo, celle qu’ils vont chercher dans la plus proche remise leur rend le même service. Mais les poèmes populaires nous montrent le plus souvent une Juliette sage, refusant l'entrée à l’amant qui se présente d’acaçhon 3, à une heure indue:

Je n’ouvre point ma porte Après minuit.

Inutile d’insister; au surplus, la belle se sent en sécurité derrière sa fenêtre « barreaulée »* ; et l’amant reste transi à la porte en se plaignant amèrement de cette rigueur :

Il est minuit sonné ;

Je suis à la gelée,

Vous êtes à la chaleur Et moi dans la rigueur,

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