Est couchée
Ah! mon pèr’. consolez-moi,
Ma maîtresse se marie.
— Ah ! tu ne sais pas, mon fils,
Il faut t’habiller en fille.
Va demander à loger Chez le père de la belle.
— Bonjour, père Loisineau, Logez-vous les demoiselles ?
— Qu'êt’s-vous pour un’ demoiselle Qui passez la nuit seulette ?
— En passant par ces grands bois Je viens d’ perdre ma compagne.
— Entrez, mad’moiselle, entrez, Vous couch’rez avec la servante.
— Qu’êt's-vous pour un* demoiselle * 2 3 Qui ne veut point de chandelle?
— Ah ! c’est la grand’peur que j'ai De mettr’ le feu à la chambre.
Quand il vient vers les minuit Je lui parle d’amourette.
— Qu’êt’s-vous pour un' demoiselle Qui me parle d’amourette?
— Ah ! ne parlez pas si fort ;
Je suis votre amant, la belle.
Le matin,, en me levant,
Je vais faire un tour en ville.
— Bonjour, père Loisineau,
Me donnez-vous votre fille ?
— Une demoisell’ comm’ moi Ne couche pas avec la servante.
— Entrez, Mad'moisell’ entrez *,
Vous couch’rez avec la fillette.
Quand il vient daller coucher La demoisell’ n'veutpoint d’chandelle.
— Ah ! ma fille n’est point pour vous ; Mais pour un garçon de ville.
— Que vous la donniez ou pas J’ai passé la nuit avec elle.
Si tu as passé la nuit,
Prends-la donc, je te la donne.
Massongy-Thonon : Chantée par M. Ch. Mathieu et par Mme Clôt. Servettaç. — Habère- Lullin.
M. Ernault a retrouvé cette vieille chanson en Bretagne sous le nom de : « Le Clerc déguisé ». (Cf. Mélusine , t. VII. n° 6.)