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Vous êtes donc bien avare ! Comme vous lésinez

« moins » qu’un garçon. Un grand-père apprenant la naissance de sa quatrième petite-fille, lançait à son fils cette boutade qui était presque un reproche :

On a jhà preu d' botandirë 1 2 /

Quelques années plus tard ce même fils ayant pris sa revanche, annonce au grand-père la naissance d’un garçon par cette sentencieuse métaphore où éclate une orgueilleuse satisfaction :

Pârë, al a on-u avlia à la inan * !

Le garçon qui naît est toujours un « gros garçon »; la fille, c’est de la prinmri 3 4. Au baptême le parrain fait généralement sonner plus longtemps et différemment pour un garçon que pour une fille.

Hâtons-nous d’ajouter que cela n’implique nullement une préférence injuste dans les affections, la sollicitude et les soins 4. Les familles paysannes, généralement nombreuses, sont bien unies, et offrent aux enfants avec l’exemple d'une vie simple et saine, un intérieur paisible.

Tandis qu’à la ville, les enfants pour se préparer un avenir s’en vont de bonne heure d’atelier en atelier, d’école en école, faisant les uns après les autres, le vide au foyer, à la campagne, les parents les gardent auprès d’eux et la vie de famille se trouve ainsi très heureusement prolongée. Le métier est tout trouvé et l’atelier aussi ; c’est bien là que vraiment le soleil luit pour tout le monde, et que le travail est le « fonds qui manque le moins 5 ». L’apprentissage s'est fait insensiblement, à chaque heure du jour, dès le jeune âge ; pas n est besoin pour l’ouvrier des champs de faire son tour de F rance.

Ainsi les parents conservent longtemps auprès d'eux leurs enfants jusqu’à ce que ceux-ci fondent à leur tour un foyer, très souvent tout proche, et continuent 1 éternel cycle de la vie.

Voilà un des grands bonheurs de la vie rustique, et si, à la campagne on savait l’apprécier, on trouverait en lui un des plus puissants mobiles d’attachement au village, de « retour » ou plutôt de fidélité «.à la terre ».

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