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tre en mé- na- ge ! »
Là-bas, dans la pralière,
Là-haut sur ces vallons,
J’entends le rossignol chanter,
Qui dit dans son langage :
« Que les garçons sont malheureux De se mettre en ménage 1 »
— Le jour de vos fiançailles,
Belle, préparez-vous,
Préparez-vous un mouchoir blanc Pour essuyer vos larmes ;
Sera pour dire : « Adieu, beau temps.
Adieu, le badinage. »
Et le jour de vos noces Belle, préparez-vous,
Préparez-vous un habit noir.
Habit de repentance ;
Sera pour dire : « Adieu, beau temps, Adieu, réjouissance. »
Quand on s’ met en ménage On a bien des soucis ;
Il faut nourrir femme et gamins.
Vite embrasser l’ouvrage ;
Voilà tous les plaisirs qu’il y a Dedans le mariage.
Après quelques semaines,
La belle s’est rentournée :
« Oh ! père, vous m’avez donné A un garçon ivrogne.
Qui boit et mange tout mon bien, Ne fait pas sa besogne. »
— Prends patience, ma fille,
Peut’ êtr’ qu’il changera.
Embrasse-le, caresse-le Sera ton avantage :
Et tu verras qu’un jour viendra La paix dans ton ménage.
i « Pralière » = pré à pâturer. — C’est la signification attribuée par le hauteur à ce terme que nous n’avons pas rencontré dans les dictionnaires tranais et patois.
Au bout d’ quelques années, Voilà du changement ;
Il y eut une troupe d’enfants :
L’autre pleure, l’un crie.
C’est, je vous jure, sur ma foi, Une vraie comédie.
Et vous, jeune fillette,
N’y pensant qu’à l’amour.
Mieux vaudrait boire et puis chanter Et caresser la tasse, .
Et puis de vivre en liberté Que d’être en mariage.
Et vous, garçons, bons diables,
N’y pensant qu’à l’amour.
Mieux vaudrait boire et puis chanter Et caresser bouteille,
Et puis de vivre en liberté N’avoir qu’une maîtresse.
Héry-sur-Alby : Chantée par M. CL Guillot. — Thonon-les-Bains. Cf. : J. Tiersot: Ch. p. A 3 22.