‹ Chants et chansons de la SavoieChapitre 190 sur 202 · id · texte numérisé non relu

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1 33. — L’Oiseau volage

ou : Le Coucou.

Asseç vite

Qui veut en- ten- dre un bien vé il y a quel-ques jours ? Deux ni- gauds de no- tre vil-

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la- ge Qui s’en re- venaient du mar- ché, En pas-sant par le bois feuil-

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la- ge, En- ten- dir’nt le cou- cou chan- ter.

Qui veut entendre un bien plaisant tour Qu’est arrivé il y a quelques jours ?

Deux nigauds de notre village Qui s’en revenaient du marché,

En passant par le bois feuillage,

Entendirent le coucou chanter.

Le premier en a dit : « Oh ! par ma foi,

Ami, s'il a chanté, c’est bien pour toi 1 — Oh ! non, ma femme, elle est trop sage Pour me faire infidélité ;

Mais toi, la tienne qu’est si volage,

C’est pour toi qu’il aura chanté.

— Eh bien, pour qu’il n’y ait aucune erreur,

Allons vite trouver un procureur.

Oui, un bon procureur en ville Qui nous dise la vérité,

Explique la chos’ difficile Pour qui V coucou aura chanté.

Le procureur les ayant entendus

Leur dit : « Comptez-moi chacun dix écus. »

Ils mir’nt tous deux la main en bourse ;

Chacun dix écus ont donné :

« Ne craignez point le mal de tête,

C’est pour moi qu’il aura chanté. »

Les deux nigauds se sont pris par la main :

« Allons-nous en vite boir’ du bon vin,

Puisque nos femmes sont si sages,

Ayons la joie dedans le cœur ;

Qu’(i) aurait cru qu’un oiseau volage Eût chanté pour un procureur ? »

Héry-sur-Alby : Chantée par M. Folliet : Saint-Girod (Savoie) : Chantée par M. Collotnb, instituteur.

1 34- — La Fanfoi? d’ la Sai? Martin.

ou : Le Mari trompé.

Asseç vite, du piquant

V'ia la San

Xfar-tin që s’apruçhè; Nu -

tron va- lë va s'en a-

Et

Jsdïdîs:

lô. No per-don tô per-dan nu- tron va- lë:

E no fa- rin mo-

vé mé - na- //id, më />^ë /ë. La le

r/ /a a /ou /a

Voli-vô savê c që de bèvÔ Qan de sé dëdïen ma mêson ?

De bèvô d' lëïâ à la pomp’ en arvan , Ë mon valè , awè ma fènà, mon vin

[bilan 3.

Voli-vô savê c’ që d'enbrassô Qan dë sé dëdïen ma mêson ?

D'enbrassô nutrà çhàtà en arvan , Ë mon valè. awé ma fènà , s'en- [brassa n 4.

la la lé Va, La le ri tan tou

— V'ia la San Martin që s'apntçhë :

Nutrôn valè va s'en alô.

No perdon tô perdan nu tron valè ;

Ë no far in mové ménajhô, mé pé të .

Rengaine :

— Laleritantou la la la la léra.etc.

Voli-vô savê c' qè dë bdïo Qan dë sé dëdïen ma mêson ï Dëméjhôdu pan d'orjh en travaillait ,

Ë mon valè , awé ma fènà, mon pan

[ blïan *.

Voli-vô savê leu d’ më cuçhô Qan dë sé dëdïen ma mêson P D'su lô caron dë dromêssô solè ,

Ë mon valè , awè ma f ènà. dian mon lïë (Anthy (Séchcx) : Chantée par Mme Plassat.

Traduction: i. Voilà la Saint-Martin qui s’approche - Notre valet va s’en aller - Nous perdons tout, perdant notre valet - Et nous lerons mauvais mé-

nage, toi et moi. . ^

2 Voulez-vous savoir ce que ie mange — Quand je suis dans ma maison .

je mange du pain d’orge en travaillant - Et mon valet, avec ma femme, mon

3 Voulez-vous savoir ce que je bois — Quand je suis dans ma maison . — Je bois de Peau à la pompe en arrivant - Et mon valet, avec ma femme, mon vin blanc.

a Voulez-vous savoirce que j embrasse - Quand je suis dans ma maison. J’embrasse notre chatte en arrivant — Et mon valet, avec ma temme, s embrassent.

5 Voulez- vous savoir où je me couche — Quand je suis dans ma maison . — Sur les briques (du carrelage de la cuisine) je dors seul — Et mon valet, avec ma femme, dans mon lit.

Cf. J. Uitz : Ch. p. H.-S., p. f>4-

C/i.nif/iiK Ç.intnviir/les ■

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i35. — Cbrîstopble et le Meunier badii?.

Assez vite.

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Chris- to- phle prend son pa- nier, Sa fem- me l’envoie-t-au mar -fer

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ché. Pour vendr’ beurre et fro- ma- ge,

Tan- dis que le meu¬

nier ba- din Al- lait trou-ver sa fem- me.

Christophle prend son panier ;

Sa ferume l’envoie-t-au marché, Pour vendr beurre et fromage ; Tandis que le meunier badin Allait trouver sa femme.

Sa femme sur un haut point.

Elle le voit venir de loin.

EIP dit : « Voici Christophle ; Aussi, de crainte qu’il vous voie.

Mettez-vous dans ce coffre. »

— Ami, n’ fais pas l’étourdi ;

Où mettrons-nous nos beaux habits.

Tous nos grands draps, Christophle.^ Oh ! vends ma robe, je t’en prie,

Et laisse-moi le coffre.

— ' Ce coffre-là vaut de l’argent ;

Je le veux vendre dix-huit francs,

Il est beau-z’ et valable.

Je ne sais pas c qu’il y a dedans.

Il pès’ comme le diable ».

— Ma femme, il fait mauvais temps, Je viens du marché à présent ; Personn’ ne m’a fait d’offre.

Je suis un homme sans argent :

Je veux vendre ce coffre.

Au premier qu‘(i) l’a marchandé.

Le meunier s’est mis à parler :

« Ach’tez, vous aurez 1’ double ; Car je suis ici enfermé ;

La cervelle m’y trouble. »

Vous autres, meuniers badins.

O vous qui aimez la catin.

N’allez pas chez Christophle, Car il va vendre au marché Les homm’s dedans un coffre.

Cusy : Chantée par Mlle Ernestine Grosjean , et Mme Carrichon.

Cf. : J. Tiersot: Ch. p. A., 184.

1 . Dans un texte nous trouvons intercalé le couplet suivant ; Le plus jeun’ de ses enfants Dit : « Papa, 1* meunier est dedans. »

— N’en dis pas davantage.

Je m’en vais vendre l’oiseau

* En mêm’ temps que la cage.

J3ü. La Vieille qui se njarie

(Version patoise.)

dp-l

qa- trÔ - van-di- an , La bri bron bran.

Dïan Pari y a onnâ vilïë.

Q’avè qatrô van di an , 1 La bri bron bran,

Bran /an la vilïë.

Q'avè qatrô van di ç a;*,

La bri bron bran.

È la vilië va à la datif ë Pè çharçhi son ver-galan. 9

( Agencer la rengaine La bri , etc., avec le 2* vers , comme au /" couplet.)

La démandy en marïajhô :

« Martin nô, d] pardré pa tô ; 8

D'é ohco dëdïan ma çhambrà Qatrô copë dë froman. 4

D’e oncô dëdian ma càvà Qatrô ché dë bon vin bilan. » * Lë dëlïon, firôn la nôfë, L'endëman, Ventèraman. 6

/ H éguétë dëdïan la gueulà :

L’avë pa mè que trè dan. 7

/ H éguétë a ra Vorlïë :

La mossà cressê dëdïan. 8

I Vïèguètë a ran la panfë :

Lë pan mousissë dëdïan. 9

/ Héguêtë a ra la tétâ :

Loti plu alliv ’ en pleuran. 10

Traduction : i Dans Paris, il y a une vieille - Qui avait quatre-vingts-dix ans

2 Et la vieille va à la danse — Pour chercher son vert galant.

3 La demande en mariage : « Marions-nous : tu n’y perdras pas tout.

4 J ai encore dedans ma chambre — Quatre coupes (vieille mesure encore usitée) de froment.

5 J’ai encore dedans ma cave - Quatre pièces de bon vin blanc. »

6 Le lundi, ils firent la noce ; — Le lendemain, l’enterrement

7 On la regarde près de la bouche: - Elle n’avait pas plus de trois dents

8 On la regarde près de l’oreille : - La mousse croissait dedans.

9 On la regarde près du ventre: — Le pain moisissait dedans

1 o On la regarde près de la tête : - Les poux s’en allaient en pleurant. Thonon-les- Bains : Chantée par Mme V. Bonnaud.

Voir une autre version patoise de Bonneville dans J. Tiersot: Ch. p. a.. 197.

1 3y . — La Vieille qui se marie

(Version ep français).

Même mouvement.

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