‹ Chants et chansons de la SavoieChapitre 189 sur 202 · Diap le tréna màleu · texte numérisé non relu

Diap le tréna màleu

ou : Les Cadeaux de Noces.

Voici maintenant une chanson chablaisienne relative aux cadeaux de noces. M. Van Gennep, Directeur de la Revue des Sciences Ethnologiques et Sociologiques , qui Ta recueillie luimême à Publier, la cite 1 comme étant intéressante pour la phonétique de plusieurs mots patois 2.

« C’est un dialogue entre Jean (un traîne malheurs et un mange profits) qui désire se marier, et le compère qui doit arranger le mariage. Le compère, sachant que Jean n’a pas le sou, lui demande ce qu'il achètera à sa femme quand il se mariera. Jean prend la mouche : « Je lui achèterai, dit-il, une

1 . Cf. : A. Van Gennep : Religions , Mœurs et Légendes ; 2* partie : Antiquités et Chansons de Haute-Savoie, p. 242 et ss., Paris, 1909. (Mercure de France.) Cest avec l’aimable autorisation de l’auteur que nous reproduisons la chanson

ci-dessus. ^ ,

2. Nous avons respecté la transcription adoptée par 1 auteur, et qui est, a peu de chose près, celle de Constantin et Dêsormaux, Dictionnaire Savoyard, saut pour les sons th (anglais) et dh (th. doux).

belle coiffe ; je ne veux pas lui mettre une bouse de vache sur la tête, comme vous autres faites: pauvre compère, consolezvous ! » Il achètera encore une belle robe, mais pas une peau de chevreau pour mettre sur les épaules ; de beaux bas, mais non des boyaux de cochon ; de beaux souliers, mais non de la peau de crapaud, pour mettre aux pieds ; de beaux chapelets, mais non des crottes de chèvre, entre les dents; un beau collier, mais non des coquilles, pour mettre au cou : « pauvre compère, consolez-vous ! »

« La chanson se chante sur l*air des vêpres, très vite, en ânonnant un peu et se termine par le répons. « Et cum spiritu tuo, en haut par la cheminée. »

Refrain Djan, mon-n ami Djan Tréna-màleu, mêndhe-profi,

Kè t’àthètrâ à tà fènna K.an t’màriri ?

Vui-i-àthetâ nà bella cwèfa, nà bella cwèta,

Vui pà lwi mèta nà beusa d’vatha Su là téta T6 kommên vô !

Pour compâr, consôlô-vô !

Vui-i-àthetà nà bella rôba, nà bella rôba,

Vui pà lwi mèta nà pé d’thevô • Pé Tco

T6 kommên vô!

Pour compâr, consôlô-vô !

Vui-i-àthetâ un biô mathieu, un biô mathieu Vui pà lwi mèta nà pé d’càbri Su lé-z-épôles Tô kommên vô !

Pour compâr, consôlô vô !

Vui-i-àthetâ d’biô bà, d’biô bà Vui pà lwi mèta dé bwè d’caion Pé lou pià Tô kommên vô !

Pour compâr, consôlô-vô !

Vui-i-àthetâ d’biô seulâ, d’biô seulâ Vui pà lwi mèta d’là pé d’cràpô Pé lou piâ

Tô kommên vô !

Pour compâr, consôlô-vô !

Vui-i-àthetà dé bio thàpelè, dé bio thàpelè Vui pà lwi mèta dé pétole de tièvre Dia lou dèn,

Tô kommên vô !

Pour compâr, consôlô-vô !

Vui-i-àthetâ un biô colié, un biô colié,

Vui pà lwi mèta dé cokilion »

Pé l’cou,

Tô kommên vô !

Pour compâr, consôlô-vô !

Fin.

Et cum spiritu tuo,

Amô pé là theminnô.

12g. — Ei? revenant du Bois joli.

. Avec vivacité et ironie.

En re-

ve- nant

du bois jo-

En re- ve- nant du bois jo-

:Jv

li, D'é tro- và ma fë- nà su-là, wâ : ô! ma fë-

nâ

fri

Lg J*

=tt£ï- • * ’

wâ ; 0! ma fë- nà , wâ ! D'é tro- vâ ma. . fë- nà su - là!

On bisse le premier vers.

En revenant du bois joli D'é trovd ma fenà sûlâ, wâ !

0 ! ma fenà, wâ ! O ! ma fenà , wâ !

Traduction :

1 En revenant du bois joli J'ai trouvé ma femme ivre.

Ou bien :

0! ma fion. wâ : Ta na margà , wâ !

D'é trovâ ma f enà sûlà !l

Oh ! ma femme, oui ! (bis)

(4* ligne : rengaine sans signification.)

1 . Cokilion ou coklion, à ce qu’il semble diminutif du mot français coquille.

« E fo alla u médecin ,

U médecin dé la vêla, wâ ! » *

Dé qè le médecin fu arr'vâ E conifëjssu la maladià. 3

« E f o l'il fârë on bon bolion , On bon bolion dé borafià. » 4

— D'ameri mien n'a sop’(a) u vin , Bien trimpâ d'dien ’ nna sëlïotà. 6

Et së dé vënio-% a mori ,

Interâ-më d'dien la câvà. 8

Lo dou pi contre la moralië Et la téta d\o la guiliâ. 7

Totë lé gote qè tombron M'arofêron bin la danië. 8

•2 «Il faut aller au médecin.

Au médecin de la ville, oui! »

3 Le médecin dès son arrivée Connut la maladie.

4 « Il faut lui faire un bon bouillon Un bon bouillon de bourrache. »

5 — J’aimerais mieux une soupe au vin Bien trempée, dans un petit seau.

6 Et si je viens à mourir, Enterrez-moi dans la cave,

7 Les deux pieds contre la muraille Et la tête sous le robinet.

8 Toutes les gouttes qui tomberont M’arroseront bien la gorge.

i3o. — A TI;©n©i?, la brillante jeunesse.

ou : La Femme au Cabaret.

Allegretto.

— U-i- / l 1- W- U fj

A Tho- non, la bril- lan- te jeu- nes-se

Ai- me le bon

vin, Le soir comme le ma- tin. S’en vont au ca- ba- ret A- vec leurs

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rVT=fr —

beaux ha- bits. Et vi- ve la jeu- nés- se pour se di-ver- tir!

A Thonon, la brillante jeunesse Aime le bon vin,

Le soir comme le matin,

S’en vont au cabaret.

Avec leurs beaux habits,

Et vive la jeunesse pour se divertir !

Assis auprès d’une table ronde.

Mangeant du jambon.

Quelques gigots de mouton ;

Et le verre à la main.

Le chapeau à leur bras.

Et vive la jeunesse pour se divertir !

— Cher mari, voilà minuit qui frappe, Le p’tit enfant pleure ;

Nous faut aller l’endormir ;

Rentre dans la maison Pour bercer ton poupon ;

Et moi au cabaret en chantant ma [chanson.

— Si jamais j’ devais reprendre femme, Je lui défendrais De venir au cabaret,,

Souvent dans la maison Il y a grand carillon.

Les femmes sont méchantes comm’

. [de vrais lions.

Thonon-les-Bains : (Chantée par Mme Victorine Donnaud.)

1 3 1 . — La Femn?e ivrogne.

— Allons, ma voisine,

Allons boire chopine,

Du bon vin nouveau

Qu’il y a dans les tonneaux.

— Pendant qu’ nous y sommes Qu’ mon mari « maisonne »

Asseyons-nous ici

Et buvons sans souci.

Le mari très bontable Descend à la cave ;

Prend bouteille en main Pour aller lui tirer du vin.

— Qu'as-tu donc, ma femme, Tu m' parais malade ?

Je vois de tous côtés Le bouillon renversé.

Quand il fut vers la tonne,

La tonne résonne,

Crie à haute voix :

« C’est ma femme qui le boit ! »

i Garçons du village,

Prenez garde à vous Tous les jours :

Ne prenez point ces femmes Infidèles,

Qui vous jouent des tours Tous les jours.

8 Moi, j’en ai pris une Qui me joue des tours Tous les jours.

El P s’en va t’ à la lune D’ chez elle ;

Ne revient que le jour Tous les jours.

i5 Je lui dis : « Ma femme,

Où diable allez-vous,

Tous les jours?»

— Je m’en vais à la ville, Dit-elle,

Rejoindre mes amours Tous les jours.

22 Je lui dis : « Ma femme, Combien gagnez-vous Tous les jours ? »

— J’ gagne cent écus par heure, Dit-elle,

Et mille écus par jour Tous les jours.

29 — D’ cet argent, ma femme, Dit’s, qu’en ferons-nous Tous les jours ?

— Nous irons à la foire, Dit-elle,

Pour acheter des bœufs Deux à deux.

36 __ De ces bœufs, ma femme, Dit’s, qu'en ferons-nous Tous les jours?

— Nous mangerons la viande, Dit-elle,

Les corn’s seront pour vous, Vieux jaloux 1

On y ajoute parfois le couplet suivant :

— De ces queues, ma femme,

Dit's, qu’en ferons-nous

Tous les jours ?

— Des lames de rasoir,

Me dit-elle,

Pour raser les jaloux Comme vous !

Abondance : Communiquée par M. J. Crétin. Var. : 29-30 Je lui dis ma femme :

« Et qu’en ferons-nous ?

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