Je sens augmenter njes peines
Très modéré.
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Je sens aug-men- ter mes peir nés, Ne vo- yant plus
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mon ber- ger ;
Me pro- me- nant dans la plai- ne. Tout le
long de ce ver- ger
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re, Mal- gré la cha- leur du jour; L’in-grat ne vient pas en- co-
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re; Qui peut tar- der son re- tour ?
Je sens augmenter mes peines,
Ne voyant plus mon berger;
Me promenant dans la plaine, Tout le long de ce verger.
Je l'attends depuis l’aurore, Malgré la chaleur du jour; L'ingrat ne vient pas encore;
Qui peut tarder son retour ?
— Oublie ton berger, ma chère i ; Car c’est en vain d’y penser;
Il aime une autre bergère Lt ne peut s’en séparer.
Là bas, je le vois près d'elle,
Il a soin de son troupeau ;
Il brûle d’amour pour elle,
La caressant sous l’ormeau.
— Te souviens-tu, dis-moi, traître, Quand tu venais autrefois ?
Près de moi au pied d’un hêtre,
Tu jouais de ton hautbois.
Tu me faisais des promesses Que tu m'aimerais toujours :
A présent tu me délaisses,
Ln méprisant mon amour.
Ah ! ce berger, quand j’y pense,
Il venait soir et matin ;
Il m'appelait : douce mie,
Moi, je l’appelais : mon cœur.
Lt nous goûtions, dans la vie Un bien doux parfait bonheur;
Il m'appelait : douce mie,
Moi je l’appelais : mon cœur.
i. C’est le rossignol qui répond ainsi à la bergère qui lui a fait confidence de ses alarmes, dans une strophe immédiatement précédente, absente de cette version, et que nous empruntons à M. Tiersot. V. Ch. pop. Alpes , p. 352.
Rossignol du vert bocage,
Messager des amoureux.
Tout le jour dans le feuillage,
Oh ! que tu dois être heureux !
Va-t-en chercher au plus vite Le berger que j’aime tant,
Et dis-lui que je l’invite A se rendre en cet instant.
Oh ! reviens, mon cher et tendre,
Reviens vite auprès de moi.
Mon cœur reste toujours tendre,
Il languit d’amour pour toi.
Mais si tu restes volage,
Tu n'auras plus mon amour;
Reviens vite et sois plus sage Par un bien juste retour 1 .
Recueillie au Mont-Forchat (Chantée par deux bergères d liabere Poche : MM biançuise Chèdal et Marie Mamet.)
M. Bouchor, adaptant à cette mélodie populaire une poésie appropriée, en a lait la Chanson Tourangelle , un des plus gracieux morceaux de l'excellent répertoire dont, avec la collaboration de M. Tiersot, il a si heureusement dote nos écoles. (Cf. Bouchor et Tiersot : Recueil de Chants populaires pour les écoles , 3' sérié.)