‹ Chants et chansons de la SavoieChapitre 27 sur 202 · Je sens augmenter njes peines · texte numérisé non relu

Je sens augmenter njes peines

Très modéré.

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Je sens aug-men- ter mes peir nés, Ne vo- yant plus

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mon ber- ger ;

Me pro- me- nant dans la plai- ne. Tout le

long de ce ver- ger

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re, Mal- gré la cha- leur du jour; L’in-grat ne vient pas en- co-

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re; Qui peut tar- der son re- tour ?

Je sens augmenter mes peines,

Ne voyant plus mon berger;

Me promenant dans la plaine, Tout le long de ce verger.

Je l'attends depuis l’aurore, Malgré la chaleur du jour; L'ingrat ne vient pas encore;

Qui peut tarder son retour ?

— Oublie ton berger, ma chère i ; Car c’est en vain d’y penser;

Il aime une autre bergère Lt ne peut s’en séparer.

Là bas, je le vois près d'elle,

Il a soin de son troupeau ;

Il brûle d’amour pour elle,

La caressant sous l’ormeau.

— Te souviens-tu, dis-moi, traître, Quand tu venais autrefois ?

Près de moi au pied d’un hêtre,

Tu jouais de ton hautbois.

Tu me faisais des promesses Que tu m'aimerais toujours :

A présent tu me délaisses,

Ln méprisant mon amour.

Ah ! ce berger, quand j’y pense,

Il venait soir et matin ;

Il m'appelait : douce mie,

Moi, je l’appelais : mon cœur.

Lt nous goûtions, dans la vie Un bien doux parfait bonheur;

Il m'appelait : douce mie,

Moi je l’appelais : mon cœur.

i. C’est le rossignol qui répond ainsi à la bergère qui lui a fait confidence de ses alarmes, dans une strophe immédiatement précédente, absente de cette version, et que nous empruntons à M. Tiersot. V. Ch. pop. Alpes , p. 352.

Rossignol du vert bocage,

Messager des amoureux.

Tout le jour dans le feuillage,

Oh ! que tu dois être heureux !

Va-t-en chercher au plus vite Le berger que j’aime tant,

Et dis-lui que je l’invite A se rendre en cet instant.

Oh ! reviens, mon cher et tendre,

Reviens vite auprès de moi.

Mon cœur reste toujours tendre,

Il languit d’amour pour toi.

Mais si tu restes volage,

Tu n'auras plus mon amour;

Reviens vite et sois plus sage Par un bien juste retour 1 .

Recueillie au Mont-Forchat (Chantée par deux bergères d liabere Poche : MM biançuise Chèdal et Marie Mamet.)

M. Bouchor, adaptant à cette mélodie populaire une poésie appropriée, en a lait la Chanson Tourangelle , un des plus gracieux morceaux de l'excellent répertoire dont, avec la collaboration de M. Tiersot, il a si heureusement dote nos écoles. (Cf. Bouchor et Tiersot : Recueil de Chants populaires pour les écoles , 3' sérié.)

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