‹ Chants et chansons de la SavoieChapitre 44 sur 202 · Bergère, quel plaisir avez-vous sculette · texte numérisé non relu

Bergère, quel plaisir avez-vous sculette

vous D’é- tre i- ci seu- let- te, A la fu- reur du

1 . 2. On voit que chaque personnage tantôt voussoie son interlocuteur, tantôt le tutoie. Le sens ne suffit pas toujours à justifier ou à expliquer cette irrégularité.

loup ; Ex- po- sée à l’o- ra- gc ? Toi à ton si bel à- ge, Quit-

te, quitte tes champs. Tu se- ras de-moi- sel-le ; Viens donc ma co-lom-

=3 J ^rl

bet- te, Dans monchâ-teau plai- sant.

— Dit’moi, ô ma bergère 1, Quel plaisir avez-vous D’être ici seulette,

A la fureur du loup,

Exposée à l’orage ?

Toi, à ton si bel âge,

Quitte, quitte tes champs ;

Tu seras demoiselle ;

Viens donc, ma colombette, Dans mon château plaisant.

— Monsieur, je n’aurais garde De quitter mon troupeau ;

Je me rendrais volage D’entrer dans votr’ château.

J’ai bergers et bergères D’là plus forte forgère (?) 2, Tous cents fois plus contents Que tout’ ces demoiselles Qui font si bien les Hères Avec leurs courtisans.

— Veux-tu bien, ma bergère, Me donner tes amours ?

Je quitt’rai la noblesse Et ces dames de Çour.

Mon château de plaisance T’servira d’assurance Pour tout’ tes bergeries.

Et puis, belle bergère,

Je quilt’r ai la forgère Avec joie et plaisir.

— Monsieur, je n’aurais garde De quitter mon troupeau ;

Je me rendrais volage D’entrer dans votr’ château.

J’ai mon berger Hdèle Que j’aime avec grand zèle,

Je ne puis le changer ;

J1 est joli et sage,

Il tient mon cœur en gage,

Lui seul a su rn’charmer.

— Ce garçon de village Aurait-il le bonheur,

Aurait-il l’avantage,

D’avoir ce noble cœur ?

Je ne saurais comprendre Qu’une beauté si tendre Soit pour un paysan ;

Si belle, vous pouvez m’croire, Vous faites la victoire A ces jeunes courtisans.

— Que vous êtes terrible!

Retirez-vous d’ici ;

Il n’ sera pas possible Qu’vous soyez mon ami.

J’ai mon chien de vitesse Qui vous saute à la tête ; J’m’en vas vous le lancer.

Il n’épargne personne,

Je crains qu’il vous talonne ; Evitez le danger.

1 . Même remarque que dans la chanson précédente au sujet de l’emploi de vous et de tu, successivement par le même personnage.

2. Forgère : Nous n’avons pu débrouiller avec certitude le sens de ce mot ; tout au plus pouvons-nous le rapprocher de l’ancien français : foriere : « sf. lisière d’un bois, d’un champ, quelquefois bord d’un bois où les bestiaux paissaient. » ( Dict. Godefroy.)

— Permettez une chose Avant de m'en aller.

Que j'vous dis’une parole Et puis vous embrasser.

Permettez-le, bergère,

Pour soulager mes peines, Que me font vos beaux yeux.

Et puis, belle bergère,

Je quitt'rai la forgère En vous disant adieu.

— Monsieur, tout’ vos caresses Me font mettre en courroux ; J'crains plus votre finesse Que la fureur du loup :

Si un loup en furie Vient dans ma bergerie, N'emporte qu’un agneau ;

Vous, par votr’ langage tendre, Vous tâchez de me prendre Tout c'que j’ai de plus beau*.

Habèrc-Poche. — Lullin (Chantée par Mlle Françoise Chédal).

2i. — La Boca£ère.

,re Versiei).

Léger . . w

O ma char- man- te bo- ca- gère, Je viens te

voir en ce val- Ion; Veux- tu m'ac- cep- ter pour mi- gnon ? Je te fe-

ma- ri- er tout à l'heur’.

I O ma charmante bocagère,

Je viens te voir en ce vallon ; Veux-tu m’accepter pour mignon ?

Je te ferai mon héritière.

Mon petit cœur,

Je ferai ton bonheur ;

II faut nous marier tout à l’heur'.

8 — Monsieur, cela ne presse guère, Cela mérite attention,

Aussi un peu de réflexion.

Vous allez en r' gardant la terre, Vilain grison,

Vous perdez la raison ;

J'aime bien mieux un jeune garçon.

i5 - Mahlle,quoiqu' je sois sur l'âge, Je vaux bien un jeune garçon,

Je suis gai comme un papillon,

Va, je ferais bien ton ouvrage !

Rien n'est si doux Que d'avoir un époux ;

Mon petit cœur, oui, marions-nous.

22 — Vous me parlez de mariage, Vous avez les cheveux tout blancs ; Vous ressemblez au Juif-errant ;

La couleur de votre visage Me fait horreur ;

Oui, vraiment, j’en ai peur.

Allez, vous reviendrez tout à l'heur'.

29 — Tu me parais bien difficile, .

Moi qui t’aime avec tant d’ardeur; .

Si tu voulais, mon petit cœur, .

Venir voir chez moi ; tout y brille : 3g C’est pour toi si tu veux, ma fille,

Maison dorée, Tu trouveras

Argentée, bien parée. Des florins, des ducats;

Et pour toi toute bien préparée. Et en carrosse, tu rouleras.

43 — Monsieur, si je prends ma houlette,

• Sur votre dos je vais frapper ;

Je m’en vais vous carillonner Agrandscoupssur votre(é)squelette ;

Vilain hibou,

Oh ! oui, vous êtes fou !

Jamais mon cœur ne sera pour vous.

Abondance (communiquée par M. J. Crétin). — Recueillie également à Habère- Poche et Lullin.

M.Tiersot a trouvé des débris du texte de cette chanson à Aime (Tarentaise). Cf. Tiersot : Ch. pop. Alpes , p. 384.

Dans le Midi, on chante sur cet air une chanson de vendange : La Yendemia : cf. L. Lambert : Les Chants de Travail , in Revue des Langues Romanes , 7 septembre 1 908, p. 448.

Var. : 32 Tu verras chez moi...

1 O mon aimable bocagère, 42 Et en calèche...

10 Un moment de réflexion. 46 ... de mon escopette,

1 1 Monsieur, retournez en arrière. 49 Allez-vous-en, il n'y a rien pour vous.

La Bocagère.

2n,c Vcrsiot).

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A-dieu, ma /TV

jo- lie bo- ca- gè- re. Je viens te

voir en ce val- Ion; Veux-tu m’ac-cep- ter pour mi- gnon ? Je t'ai- me-

Fr

rai ma vie en tiè- re ; Ma- ri- ons- nous, Que je sois ton é-

poux.

a!Ë|tî:

Je

te

-fcp:

cœur. Je fe- rai ton bon heur; Il faut nous ma- ri- er nous deux.

Mon gen- til

« Adieu, ma jolie bocagère,

Je viens te voir en ce vallon ; Veux-tu m’accepter pour mignon ? Je t'aimerai ma vie entière ; Marions-nous,

Que je sois ton époux.

Je te ferai mon héritière;

Mon gentil cœur,

Je ferai ton bonheur ;

Il faut nous marier nous deux. »

— Vous me parlez de mariage.

Cela demand’ de l'attention.

Un p'tit moment de réflexion ;.

Allez, reculez en arrière.

Vieux radoteur,

Vous êt’s un dégoûteur.

Vous allez regardant la terre ;

Gros vieux grison,

Vous perdez la raison ; J’aimerais mieux jeune garçon !

— Vous me parlez du mariage; Vous avez les cheveux tout blancs; Vous ressemblez au Juif-Errant.

La laideur de votre visage Me fait horreur ;

En honneur, j’en ai peur;

Vous n'avez l’air que d'un sauvage.

Vieux Mathurin,

Filez votre chemin ;

Allez, vous reviendrez demain.

— Tu me parais bien difficile,

Moi qui t’aime avec tant d’ardeur ; Viens avec moi, mon petit cœur ; Tu y verras que tout y brille :

Maison dorée,

Argentée, bien parée.

Sera pour toi, s'tu veux, ma mie.

Tu trouveras Des florins, des ducats ;

En carrosse tu rouleras.

— Ma fille, quoique je sois sur l'âge. Je vaux bien un jeune garçon ;

J’ai I* cœur gai comme un papillon, Va, je ferai bien ton ouvrage ;

De ta beauté Mon cœur est enchanté, Unissons-nous au mariage.

Rien n'est si doux Que d'avoir un époux :

Mon gentil cœur, marions-nous.

— Monsieur, si je prends ma houlette, Sur votre dos je vais frapper,

Et je vais vous carillonner A grands coups sur votre squelette.

Vilain nigaud,

Partez vite au galop,

Sauvez vos jambes d’allumettes. Vilain hibou,

Partez vit’, vous ét's fou :

Mon gentil cœur n'est pas pour vous.

Viuz la-Chiésaz : Chantée par Mlle Antoinette Lombard.

Cette version est plus correcte et plus complète que la précédente ; remarquons d'autre part que les strophes sont de io vers au lieu de 8.

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