‹ Chants et chansons de la SavoieChapitre 45 sur 202 · La Berbère et le vieil Amoureux · texte numérisé non relu

La Berbère et le vieil Amoureux

gère Qui di- sait u- ne clian- son, En gar- dant ses blancs mou- tons.

Je me suis ap-pro-ché d'elle, En lui di-sant : « Ma ber- gère. Ne vou¬

^ il

drais-tu pas m'ai- mer Un jour de- dans ces fo- rêts ?»

L'autre jour, sur ces vallons.

J'aperçois t'une bergère Qui disait une chanson.

En gardant ses blancs moutons.

Je me suis approché d'elle,

En lui disant : « Ma bergère,

Ne voudrais-tu pas m'aimer Un jour dedans ces forêts ? »

— Monsieur, ne vous trompez pas, J’en connais votre dessein,

Et vous n'me tromperez pas.

Allons, filez voir' chemin,

Car, si vous en êtes riche,

Il ne manque pas de filles De toutes les qualités.

Sans vouloir vous abaisser.

— Oh ! ma fille, en vérité,

Ce n'est point pour te tromper, Mais fais-moi seul'ment l'honneur D'en accepter mes faveurs.

Je te trouve la plus belle De toutes ces demoiselles ;

Eh bien ! quitte ton troupeau ; Vite, viens dans mon château.

— Allez, allez donc, vieux gris.

Allez donc, vieux intrépide,

Allez dans votre maison

Vous faire faire un bon bouillon ; Ça vous sera plus utile Que d'y caresser les hiles ;

D’penser à vos derniers jours,

Et d’abandonner l'amour.

Et moi, jeunett' que j’en suis,

Un vieillard tout accroupi ;

N'ayant plus que deux, trois dents.

Qui veut être mon amant !

Je méprise ses richesses.

Je méprise ses caresses ; *

J'aime mieux mon doux berger Qui n'a pas vingt ans passés.

Chablais : Anthy-Sécliex (chantée par Mme l’iassat). — Abondance : Le texte est tiré d'un vieux cahier obligeamment communiqué par M. Berna juge de paix.

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