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Boquatés », garnis de bouquets

7. Au moyen âge déjà, le premier mai était jour de poétiques réjouissances. « On allait au bois, dit M. Gaston Paris, on s’habillait de feuillages, on rappor-

jeunes gens sont invités par les jeunes filles des familles si galamment honorées, et la réunion, en veillée le plus souvent, est des plus charmantes.

Aux « vogues * 1 2 », les amoureux s'appartiennent une bonne partie de la journée, et c’est surtout à la danse, rendez-vous convenu, qu’ils passent les meilleurs moments. Tel est leur sentiment d° fidélité que, en maints endroits, ils se sont imposé par tradition l'obligation impérieuse de danser constamment ensemble, et sur ce point les amants sont d’une jalousie très exigeante. C'est ainsi qu'ils se montrent d’une ombrageuse susceptibilité si les « bonamies -» accèdent, sans les prévenir, à la demande de danseurs quelconques. Il n'est pas rare de voir des affronts infligéset des coups échangés pourquelque insignifiante infractionàcetterègle.Celaexpliquepourquoi unétranger, de passage auprès d'un bal rustique, risque souvent d’essuyer refus sur refus et de se trouver en peine d'obtenir une danseuse.

La scène de danse villageoise berrichon ne qu'a décrite G. Sand dans la Petite Fadelle traduit, à quelques détails locaux près, ce qu'on pourrait observer par un soir de « vogue» dans maint village savoyard.

La jeunesse ne manque pas non plus de profiter des vieilles coutumes usitées encore en certaines régions. Ainsi, dans le Haut-Chablais, notamment dans la région du Biot, à la fête des çharnavé 3 4 5, le premier dimanche de carême, on allume, à la nuit, des feux sur les hauteurs ; c’est l’occasion de farandoles, de danses, que clôt l’agape traditionnelle au plat de riz. Il y a aussi, en Albanais par exemple, de joyeuses réunions à la Rvolâ 4 des moissonneurs, à la Pela 3 des bergers.

Très souvent encore, les jeunes gens accompagnent leurs fiancées aux exercices religieux annuels : aux « Octaves » à Annecy; aux pèlerinages régionaux, « pardons savoyards », tels que celui de « l’Aumône » à Rumillv, aux prières de Mai.

tait des fleurs à brassées, on ornait de fleurs les portes des maisons, c’était le moment où sur la prairie verdoyante, les jeunes filles et les jeunes femmes menaient des rondes pour ainsi dire rituelles. » G. Paris : Les origines de la poésie lyrique au moyen âge. (Cité par M. Aubry dans : Trouvères et Troubadours.)

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