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GRIS D'ARMES

Aux heures de crise, les gens de guerre ont^ paraîtil, besoin de jeter de grands cris dont l'intensité, voulue ou non, leur sert à s'entraîner, à se masser, à rythmer leurs mouvements, à frapper des coups d'ensemble. C'est un fait indéniable, un fait anthropologique dont on trouve déjà trace dans les annales de l'antiquité. L'Exode, par exemple, mentionne expressément les vociférations tumultueuses des Hébreux emportés à la poursuite de l'ennemi. Plus tard, au siège de Jéricho,

'c'est Josué qui donne à ses troupes l'ordre de pousser •de vigoureuses clameurs; c'est ensuite Gédéon qui, «ur le point d'aborder les Madianites. fait crier en •chœur à ses trois cents hommes :

« Seigneur! Seigneur!! »

et « Gédéon! Gédéon!! »

De même, tous les héros d'Homère ont leurs cris 'd'armes; de même encore, les légionnaires de Rome ne manquent jamais de s'entraîner en mugissant :

« Feri ! Feri !! »

-c'est-à-dire : Tapons sur l'ennemi, tapons à qui mieus mieux !

Mais laissons là les antiquités hébraïque, grecque oi (romaine. Etudions plutôt notre histoire nationale ; de (telles recherches archéologiques ne- seront sans doute |)as dépourvues d'intérêt.

Eh bien ! quand ils marchaient au combat, quand ils se déployaient en ligne, les Gaulois nos ancêtres poussaient des cris féroces.

« Terriben ! Terriben !! »

tfaisaient-ils. Ce qui voulait dire : « Brisons les crânes, .brisons les crânes ! » Et ils étaient armés, à cet effet, ■de respectables casse-têtes. Les combattants d'alors se 'Contentaient parfois de proférer le nom de leur nation.

« Ambrons! Ambrons!! »

•criaient les Ambrons à la bataille d'Aix. Et, ce criant, ils battaient leurs boucliers en cadence, à coups redoublés de lames de sabre.

Le moyen âge ne procède pas autrement que l'anti- «quité gauloise. A la bataille de Hastings, les compa-

gnons de Guillaume le Conquérant se ralliaient au cri

de:

« Diex Aïe ! Diex Aïe !! »

Que Dieu nous aide î Que Dieu nous aide ! C'est à la fin du xi^ siècle que le roi Louis VI adopte officiellement pour cri d'armes :

« Montjoye et Saint-Denis ! »

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