MONTJOYE ET SAINT-DENYS
Larghetto (1).
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Monl-joye et Saint-De-nys ! Monl-joye et Saint-Dc-nys!
C'est ainsi que Simon de Montfort criait à la res* cousse (délivrance).
Douteux de mort, prent à criei Pour sa gent vers lui rallier :
. Adonc sous-aidiez Montjoye Saint-Denys ! aidiez Vrai Diex !
C'est encore à ce cri que les troupes de Philippe- Auguste gagnent la bataille de Bouvines. Là, dit ua chroniqueur,
Souvent oissiez à grant joye Nos François s'écrier Montjoye !
Et huçoient à grant haleine, Quand on avoit sonné l'araine^ Montjoye Dieu et Saint-Denys !
(I) Halévy, Charles VI.
Au xiv siècle, chaque banneret a son cri d'armes pour l'assaut, la charge ou le ralliement. « A Rosebeke, dit Froissart, il est ordonné que tous crieront d'une voix chacun son cri ou le cri de son seigneur. » On y entend se croiser, lancés à pleins poumons, les cris de :
« Montfort ! Montfort !! »
« ChâtiUon ! GhâtiUon !! »
« Goucy à la merveille!! »
« Si, dit plus loin le bon chroniqueur, si fut ordonné d'un commun accord qu'on crieroit :
« Nostre Dame Gués clin !! »
Et , depuis lors , cet ordre fut ponctuellement exécuté.
Dedens le fort moustier se mirent tellement Que les povres Engloiz occirent a torment En ci-iant fort : « Guesclin !... »
Les Communes, elles aussi, avaient des cris d'armes distinctifs ; leurs milices proféraient le nom de la cité natale :
« Rouen! Rouen!! »
« Toulouse ! Toulouse !! »
et autres cris analogues.
Sous Louis XV, en marchant à Tennemi, nos vieux régiments jetaient au vent leurs propres noms :
« Auvergne ! Auvergne !! »
« Navarre ! Navarre !! »
« Champagne ! Champagne !! »
CHANTS ET CHANSONS MILITAIRES DE FRANCE Jl
Plus tard, au moment d'un assaut, nos colonnes lançaient aux échos les cris de :
« Vive le roi ! »
ou « Vive la république ! »
ou « Vive l'empereur ! »
ou encore « En avant! En avant!... >
Aujourd'hui, l'on ne crie plus grand'chose. Il serait cependant bon d'avoir un cri d'armes français, ne fût-ce que pour répondre de la bonne manière à 1'
« Hinaus ! Hinaus !! »
■les Allemands et à leur vieil
« Ins Feld ! Ins Feld !! »
Nos gens de guerre possèdent un répertoire de chansons spéciales destinées à assurer la bonne exécution de certains mouvements d'ensemble. Ils en rythment la cadence voulue et marient parfois à la mesure un livret de leur invention. Quand ils ont à haler sur un cordage, nos matelots, par exemple, font entendre une espèce de susurrement guttural; ou bien, s'ils sont ponantais, ils chantent :