LE FLEUVE
« jamais
Que pour aller boire...
Que pour aller boire à longs traits De l'eau du fleuve où l'on perd la mémoire.» (1)
Mais, à la guerre, en expédition, le troupier ne rencontre pas toujours sur sa route des caboulots où Ton
(1) Monsigny, le Déserteur.
donne à manger et à boire. Alors, comment faire? Un bienfaiteur de l'humanité, le docteur Champoreaux a résolu le problème en inventant le breuvage qui porte son nom. C'est du café, mais additionné de lime-juicc, ou jus de citron, et d'une pointe de cognac.
LE CHAMPOREAUX
Cliamporeaux, dans mon verre,
Que j'aime à te voir!
Que j'aime le inystère
De ton beau lac noir !
De tous les gens de guerre
Tu guéris la misère,
Ton feu les régénère
Du matin au soir.
La la la la la
La la la la la!
Alle<?ro moderato.
Champo — reaux, dans mon ver-re que j'aime à te
voir ! Que j'ai-me le mys - tè—re de ton beau lac noir ! De tous
les gens de guerre tu gué-ris la mi—'Sù-re, Ton feu les ré-gé-
nà-re du ma — tin au soir.
Salut, noble breuvage Réchauffant mon cœur, Du soldat en voyage Soutenant l'ardeur!...
Et quand le feu s'engage, Que l'ennemi fait rage, Tu doubles mon courage Et je suis vainqueur.
La la la la la La la la la la !
Ultérieurement, un autre bienfaiteur de l'humanité a inventé la Tnrlutine, dite aussi Femelle du Champoreaux. C'est tout simplement une soupe trempée au café noir.
LA TURLUTINE
C'est la turlutine
Turluti-
Ti-tine !
C'est la turlutine
Turlutu-
Tu-tu!...
Vivo.
C'est la Tur-lii — ti-ne, tur-lu — ti, ti, ti — ne;
c^ ^ — ^ ip»-J— SX — j^ ■ ^ 1 a
C'est /a Tnr-lii — ti-ne, tur-lii — lu-tu, tu!
Les mathurins aussi savent chanter à boire. A preuve que c'est un gabier qui a composé, à lui tout
CHANTS ET CHANSONS MILITAIRES DE FRANCE loo
seul, la barcarolle de la Biture que l'armée de terre nous chantait tout à l'heure.