GLOIRE A L'OIGNON
J'aime l'oignon Frit à l'huile . . .
J'aime l'oignon Quand il est bon f
Chœur :
Au pas, camarades {bis) Au pas, au pas, au pas !
Allesro.
:ât
Solo.
J'aime loi- gnon frit à l'huile, J'aime Vol-
Chœur. Marcato.
gnon quand il est bon! Au pas,camarades ! au jias, camarades! au
pas y au pas, au pas.'
Et, à l'heure qu'il est, l'armée française chante encore très souvent la romance à l'oignon.
Quelle glorieuse origine !
En ce qui me concerne, et longtemps avant que je susse lire, la trompette de l'Histoire, embouchée par un mien grand-oncle, m'avait appris qu'il s'était livré, au commencement de ce siècle, une grande bataille
navale dite de Trafalgar. Mon oncle servait à bord de ÏAlgésiras, monté par Taniiral ]\Iagon, mais qui, le soir de la bataille, fut commandé par M. de la Bretounière, l'un des derniers survivants de tout un étatmajor î... h'Algésira^, après une lutte héroïque, avait enfin du amener son pavillon. Le commandant de la Bretonnière s'y trouvait prisonnier de guerre avec deux cent soixante-dix braves détenus à fond de cale et gardés à vue par une soixantaine d'Anglais... quand, tout à coup, à la tombée de la nuit, une horrible tempête succéda à la bataille, comme si^ dit un historien célèbre, le ciel eût voulu punir les deux nations les plus civilisées du globe^ les plus dignes de les dominer utilement par leur union, dei fureurs auxquelles elles venaient de se livrer.
h'Algésiras, tout désemparé, a Ijientôt ses flancs ouverts et béants... il va périr sans doute!... les Anglais, à bout de forces, implorent le secours de leurs captifs.
C'est alors que l'héroïque de ]a Bretonnière sent poindre en son cœur une inspiration, un espoir... celui d'arracher le navire aux ennemis de la France. Il fait part de son projet à ses braves marins; il leur propose de se jeter, tout désarmés qu'ils sont, sur les Anglais éperdus... — « Mais, leur dit-il, c'est très fort, ce que )) je vous demande là. et, pour réussir, il me faut des » gens qui aient du poil au menton... puis-je compter » sur vous ?... j)
L'équipage français de VAlgcsiras ne connaissait pas le fameux motif de Robert :
Si j'aurai ce courage 1 . , .
Mais un chœur formidable répondit à l'intrépide officier :