LE CURÉ COLONEL
Pauvre curé de ce petit hameau,
J'ai combattu vingt-cinq ans pour la France...
11 expose comme quoi il était en Egypte :
C'est de Kléljer à ch"val sur un chameau Que j^ii reçu ces leçons de vaillance.
Il a fait toutes les campagnes du Consulat et de TEmpire, toutes jusqu'à la dernière, qui fut si malheureuse :
A Waterloo, malgré notre canon, L'aigle impérial venait de dispai-aître...
A ce souvenir, le bon curé ne peut retenir ses larmes... il sanglote, puis, se redressant vivement:
Moi, révolté de tant de trahison,
Après avoir servi Napoléon,
Je ne voulus que Dieu pour maître !
Sur ce, les jeunes gens sont vaincus. Ils ne se battront pas... ils s'embrassent.
C'est à Tancien Cirque Olympique du boulevard du Temple que se débitait cette chanson de gestes, alors ({ue venait de s'ouvrir l'ère de nos guerres d'Afrique.
A chacune des expéditions de ce temps-là se rapporte une chanson spéciale. Franchit-on les « Portes <le Fer », les chasseurs à pied entonnent leur hymne des Bibans; force-t-on le col de Mouzaïa, les zouaves inaugurent aussitôt le fameux refrain :
LA CHIFFA
A la Chlffa A la Chiffa Les « Réguliers » ont reçu du tabac !
Vivace.
A la Cliif - fa, à la Chïf - fa, Les rcgu-
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liers ont re-çLi d.u ta - bac.
On prend la smalah d'Abd-el-Kader et un poète perdu dans les rangs de l'armée livre instantanément cette épopée aux échos du Tell algérien :