‹ Chants et chansons militaires de la FranceChapitre 88 sur 164 · LE VRAI MARIN · texte numérisé non relu

LE VRAI MARIN

{Aiv connu)

Un noble corps, pas moins, que celui des Zouaves, Mais chez nous les braves Narguent le destin...

llurrali ! hurrah ! Vive le vrai marin î

Autre chanson de bord, assez longue, mais qui a le mérite de se reprendre aussitôt qu'elle est finie :

Nous étions trois marins de Croix [bis) Embarqués sur le Saint-François,

II vente!...

C'est le vent de la mer qui nous tourmente.

Pauvre homme, i'a tombé à la mer {bis) Les autres étaient bien dans la peine.

Il vente!...

Les autres étaient bien dans la peine (bis) Ils ont hissé l'pavillon rjuen (blanc) Il vente!...

Ils ont hissé rpavillon rjiien {bis) Ils n'ont trouvé que son chapeau, Il vente!...

Ils n'ont trouvé que son chapeau {bis) Son garde-pipe et son couteau, Il vente!...

La maman qui s'en est allée [bis) Prier la grand' Sainte Ann' d'Auray, Il vente'...

Bonne Sainte Anne, rendez-moi mon fils (bis) La bonne Sainte. Anne, elle lui a dit : Il vente I...

La bonne Sainte Anne, elle lui a dit : {bis) « Tu le retrouveras en paradis! »

Il vente!...

Dans son village s'en est retournée {bis) L'endemain. pauv' femme, elle est trépassée.

Il vente !...

C'est lèvent de la mer qui nous tourmente.

Eh ! mais, vive aussi le petit fantassin, celui qui

marche à pied sur ses jambes — pedihus jambiscum — que même ça lui vaut le nom de pousse-cailloux.

(Air de la Chanson du Capitaine, voir ci-dessus, page 102)

Dans mon chemin faisant )

T , , .^ • \ bis.

Je trouv TTion capitaine... )

Mon capitain' me dit :

— Où vas-tu, sans-souci ?

— Je vais dans le vallon Rejoindr' mon bataillon.

— Très bien, fait le capitaine ; mais rappelle-toi seulement que, conformément aux dispositions de l'Instruction de 1884, il est interdit aux hommes de chanter tout le long, le long-, le long le long des routes.

Très dure, llnstruction de 1884! Oui, très dure pour les pauvres troupiers qui, faute de Champagne, aimaient à se rincer le gosier avec de longues mélodies d'un bon cru.

Qu'est devenu ce temps où, sur de frais sillons, De FAdige au Tessin, leurs joyeux bataillons, Mêlant l'hymne de guerre aux airs de la Folie, Traversaient en chantant la riante Italie ?

Or ils les aiment toujours ces airs de la Folie. Et, à ce propos, je crois de mon devoir de vous signaler l'inadvertance des traités classiques de mythologie, les- ({uels n'accordent au dieu de la guerre qu'un simple ])ouclier, un casque et une grande pique... et voilà tout ! D'un autre côté, Cham, notre grand dessinateur, lui prêtait un sabre modèle 44 (avant l'ère chrétienne), '•/est-à-dire un vrai coupe-choux d'empereur romain.

CHANTS ET CHANSONS Mn.ITAIP.ES DE FRANCE 125

Eh bien ! je regrette d'avoir à le constater, Cham n'était pas plus clans le vrai que les mythologues les plus distingués. Ces portraits-là ne sont pas ressemblants, je veux dire qu'ils ne sont pas finis. Messieurs les artistes qui mettez Mars en scène, veuillez lui octroyer l'exacte totalité de ses emblèmes et attributs. Sachez que, pour conserver à cette grande figure son véritable caractère allégorique, ce n'est pas seulement un sabre qu'il lui faut pendre au ceinturon.

— Eh ! qu'y doit-on pendre encore?

— Une lyre...

-- Une lyre ! Et pourquoi faire ?

— Mais, pour que votre héros puisse en pincer, je l)ense, et s accompagner quelque peu quand la muse de la Mélodie veut bien le visiter. Vous pensiez donc que le dieu Mars ne savait que pleurer et geindre ? Ah ! que vous vous trompiez ! 11 chante quelquefois, il chante même souvent ; seulement, il ne sait chanter qu'en français.

Ouvrons le répertoire Martial. Tiens ! nous tombons juste sur un duo, exécuté par un cuisinier en pied et son chef d'état-major. Ils ont la force de chanter ces deux gaillards-là, car, ce matin, avant de partir, ils ont eu soin de se tremper un rude « adjudant >;.

Le cuisinier en pied :

{Air connu)

La belle est au jardin d'amour

Assise auprès d'une fontaine...

Sa mère la cherche partout

Et son amant est dans la pehie.

8'en vont demander au berger

Que s'il hi sait, qu'il nous l'enseigne

Or le berger, consulté, répond que la belle est en train de conter ses peines de cœur à un oiseau qu'elle tient dans sa main. Et le roman se poursuit ainsi très longtemps avec la même suavité poétique. A chaque couplet, le cuisinier chef d'état-major — qui fait les amoureux — donne au cuisinier en pied cette touchante réplique :

Oiseau, oiseau, fes plus heureux que moi, Car t'es dans les mains de ma belle.

Mais voici une autre romance, entonnée par le perruquier de la deuxième du trois :

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