LE ROSSIGNOL DU BOIS
Rossigno-le du bois, Rossigno-le sauvage, Apprends-moi ton langage, Apprends-moi z'à chanter !
Apprends-moi la manière Comment il faut aimer !
va — (je, Ap-prciula-moi ton lan — ga-ge, ap- prends-moi z'à cJiun-
ter; Ap~ prends-moi la ma — nio-re com-mentil faut ai — mer
Comme vous voyez, ici encore il s'agit d'amour et il y a en scène un oiseau. Décidément, les militaires ont un
faible pour le genre bucolique. Oui, c'est bien vrai, je ne saurais vous le dissimuler, le répertoire du dieu Mars est généralement pastoral, naïf, innocent, bon enfant. Pour être juste, on doit dire qu'il est bien semé, de ci de là, de quelques petites guitares qui ne se chantent pas devant les dames. Mais le dieu de la guerre n'y est pour rien, il a des moeurs. Que les dames demeurent du côté des dames !.. Voilà tout !
Entre-z-hommes c est autre chose. Messieurs les militaires font parfois quelques battues pleines d'entrain sur les domaines de la Fantaisie court-vêtue, celle qu'on a^ je ne sais trop pourquoi, surnommée mademoiselle Gaudichon. Cela vient sans doute du verbe gaudere, se réjouir. Quoi qu'il en soit, je ne me sens pas de force à présenter au concours des Jeux floraux aucune de ces réjouissantes barcarolles. L'ombre de la chaste Clémence Isaure ne me pardonnerait pas de vous chanter :
Maréchal ! beau maréchal !
OU
Ma capote a deux boutons.
Je vais seulement soumettre à votre appréciation quelques-unes de ces compositions épatantes, prises parmi les plus pudiques.
Ecoutez ce refrain d'un zouave qui s'en va-t-en guerre, et résolvez, si vous pouvez, le problème.