‹ Chants et chansonsChapitre 105 sur 202 · L'ASSEMBLEE DE VERSAILLES · texte numérisé non relu

L'ASSEMBLEE DE VERSAILLES

A propos de la dissolution et du vote du 15 juin 1875 sur l'enseignement supérieur.

Air : Allez-vous-en gens de la noce.

Allez-vous-en, gens de la Chambre, Allez-vous-en chacun chez vous !

Partez en juillet ou décembre, Mais pour de bon soyez dissous.

Vous brillerez par votre absence:

C'est quelque chose assurément !

Partez gaîment,

En ce moment, On a pour gouverner la France Un excellent Gouvernement.

Nous allons voir les robes noires Dominer l'Université, Et faire, d'après leurs grimoires.

Le bonheur de l'humanité ^

1. Le 17 juin 1875, l'Assemblée de Versailles avait livré le haut enseignement au cléricalisme, aux adhérents du Syllabus. Cette loi rendait la personnalité civile aux diocèses, restreignait la liberté des cours et conférences et ôtait à l'État la collation des grades.

de Paul A vend. 195

La Foi vaut mieux que la Science, Dit Dupanloup éloquemment^

Aussi vraiment,

En ce moment, A-t-on pour gouverner la France Un excellent Gouvernement.

La charitable confrérie

Dont l'hostie est le gagne-pain,

A pris dans la charcuterie

Son défenseur ultramontain ^.

Saint Antoine n'eût pas, je pense.

Mieux débité son boniment.

Aussi vraiment.

En ce moment, A-t-on pour gouverner la France Un excellent Gouvernement.

Foin de la savante canaille Qui trône dans nos Facultés ^, Elle ne vaut pas la prêtraille Pour enseigner les vérités; Et pour nos bacheliers commence Le règne du Saint-Sacrement.

Aussi vraiment,

En ce moment, A-t-on pour gouverner la France Un excellent Gouvernement.

1. M. Dupanloup démandait le monopole de l'enseignement pour les jésuites.

2. M. Chesnelong, marchand de jambons à Bayonne, ancien député ofl&ciel sous l'empire, et depuis agent de la royauté légitime, vint, comme champion de l'ordre moral, lire un discours à la tribune de l'Assemblée, pour la défense des congi'éganistes. Il était alors député des Basses-Pyrénées.

3. M. Lefoi't, professeur de médecine opératoire à la Faculté de Paris, avait été dénoncé à la tribune, par M'. Dupanloup, comme indigne d'enseigner. Il en avait été de même pour le docteur Sémerie, qui répondit à l'intolérant prélat par une lettre vertement écrite.

O chers députés, sans vergogne, De vos discours délivrez-nous; Pour faire pareille besogne Nous n'avons plus besoin de vous.

Vous mettez trop de complaisance A voter le relèvement.

Aussi vraiment,

En ce moment, A-t-on pour gouverner la France Un excellent Gouvernement.

Vous avez fait la République; Mais vos préfets n'en parlent pas ; C'est au régime monarchique Que la plupart pensent tout bas.

Et, sans remords de conscience, Ces gens touchent un traitement.

Aussi vraiment.

En ce moment, On a pour gouverner la France Un excellent Gouvernement.

Allons, messieurs, quittez Versailles, Votre Assemblée a fait son temps ; En célébrant ses funérailles Les électeurs seront contents.

Ils sont à bout de patience.

N'y mettez pas d'entêtement.

Puisque vraiment.

En ce moment.

On a pour gouverner la France Un excellent Gouvernement.

19 juin 1875.

de Patcl Avcncl. 197

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