‹ Chants et chansonsChapitre 106 sur 202 · L'AMOUR DE LA PATRIE · texte numérisé non relu

L'AMOUR DE LA PATRIE

Chanté par M^'" Amiati à l'Eldorado.

Musique de M. CHARLES Malo.

Regardez, mes amis, ce portrait de famille Pendu le long du mur sous les rideaux du lit ; C'est Jean-Paul. La bravoure en son regard pétille. Devinant sa valeur, sa mère, un jour, lui dit : « Marche à l'honneur ! La France épuisée est meurtrie; Pars, mon fils, suis ton cœur et reviens triomphant. Le soldat doit avoir l'amour de la patrie. Ta mère, à la maison, prîra pour son enfant. » Cela s'explique.

Mes amis, Elle aimait son pays Et la République.

Il quitta le sarrau pour l'habit militaire, En gardant la fierté du paysan lorrain, Et partit pour se battre en simple volontaire. La mort fauchait alors sur les rives du Rhin. Marchant au premier rang à travers la fumée, Jean-Paul ne craignait pas, comme on dit, pour sa peau ; Aussi fut-il cité devant toute l'armée Pour avoir enlevé, de ses mains, un drapeau. Cela s'explique, Mes amis.

Il aimait son pays Et la République.

Jean-Paul, après la guerre, a revu le village. De ses faits glorieux il ne se vantait pas.

Son amour pour la France augmentait avec l'âge. Il nous disait toujours en parlant des combats : « Mes enfants, que ceci dans votre esprit se grave : L'honneur du nom français ne doit jamais périr. Le soldat patriote aime à combattre en brave, Mourir à l'ennemi, c'est noblement mourir. » Cela s'explique, Mes amis, Il aimait son pays Et la République.

« Contre tous les Prussiens je garderai ma haine Jusqu'à l'heure attendue où la France dira : Délivrons de Bismarck l'Alsace et la Lorraine. Un long cri de vengeance alors retentira, J'y mêlerai ma voix, si je le puis encore. Et, fier, je reprendrai ma place au premier rang. Pour rendre la victoire au drapeau tricolore. Une tache à l'honneur se lave avec du sang. »

Cela s'explique, Mes amis.

Il aimait son pays

Et la République.

Mais le brave Jean-Paul mourut de ses blessures, Après avoir souffert longtemps parmi les siens ; Pour dernier rêve il eut : les batailles futures Où les Français vainqueurs écrasaient les Prussiens. — Et, pendant que sa mère, à genoux, pleure et prie. Un ami vient et dit : « Sur ton corps, nous jurons D'aimer autant que toi, Jean-Paul, notre patrie... Nous ne t'oublîrons pas et nous te vengerons ! »

Cela s'explique.

Mes amis.

Il aimait son pays

Et la République.

de Paul Aven cl, 199

Page 1