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CHŒUR

Gloire à toî, Voltaire, Bienfaiteur de l'humanité, La France, en ce grand jour, par sa voix populaire, Au nom de la Patrie et de la Liberté, Consacre, devant tous, ton immortalité.

Toi, l'apôtre fervent de la philosophie, ~ "^

Tu jetas sa morale au cœur du genre humain. Le Progrès te comprend, t'aime et se glorifie D'avoir vu ton savoir lui tracer le chemin. Ton esprit lumineux éclaire notre monde, Comme l'astre qui brille au fond du firmament,. Et ton vaste génie, embrassant tout, féconde Les champs de l'avenir de son raj'onnement.

Gloire à toi, Voltaire, Bienfaiteur de l'humanité, La France, en ce grand jour, par sa voix populaire^ Au nom de la Patrie et de la Liberté, Consacre, devant tous, ton immortalité.

Ta raison, ô Voltaire, égala ton courage. Tu combattis l'erreur, tu frappas les abus. Tu ne voyais jamais le danger, mais l'outrage ; Ton équité partout demandait des vertus. De Calas innocent et condamné pour crime, Tu sauvas la mémoire en noble rédempteur. Aussi le siècle admire en toi l'homme sublime Et voudrait élever sa gloire à ta hauteur.

244 Chajits et Chansons

Gloire à toi, Voltaire, Bienfaiteur de l'humanité, La France, en ce grand jour, par sa voix populaire, Au nom de la Patrie et de la Liberté, Consacre, devant tous, ton immortalité.

La Révolution a grondé dans ta tête,

Comme un volcan bouillant gronde en ses profondeurs ;

Quand, en quatre-vingt-neuf, elle eut dit: Je suis prête !

Tu parlas par la voix de ses grands orateurs,

Tu courbas sous les lois l'acerbe despotisme,

Tu créas pour le peuple un monde tout nouveau

Où la libre pensée éteint le fanatisme,

Où le bon sens humain met tout à son niveau.

Gloire à toi, Voltaire, Bienfaiteur de l'humanité, La France, en ce grand jour, par sa voix populaire, Au nom de la Patrie et de la Liberté, Consacre, devant tous, ton immortalité.

Avec un apparat solennel, grandiose

Tes disciples nombreux viennent après cent ans

Montrer à l'univers par ton apothéose

Qu'ils contemplent toujours tes labeurs éclatants.

Ton grand œuvre pour eux du bien est le symbole ;

Leurs pères l'ont aimé, leurs enfants l'aimeront ;

Et cette fête ajoute encore à l'auréole

Qui depuis si longtemps resplendit sur ton front.

Gloire à toi, Voltaire, Bienfaiteur de l'humanité, La France, en ce grand jour, par sa voix populaire, Consacre, devant tous, ton immortalité^.

1. Cette cantale fut exécutée par neuf cents orphéonistes, sous la direction de M. Ch. Hubans, au cirque Myers, place du Château-d'Eau, à Paris, au moment où l'on enleva le voile qui recouvrait l'admirable

LA LICE CHANSONNIERE

Chanson de réception.

Air (lu Carnaval,

De la chanson vous êtes les apôtres,

Vous propagez le rire et la gaîté;

Je suis heureux, messieurs, d'être des vôtres,

C'est un honneur dont je suis très flatté.

Dans vos banquets l'esprit brille à son aise,

Et la critique y donne des leçons ;

J'en suis ravi, car ma muse est française,

Et son amour est l'amour des chansons.

Je suis heureux, messieurs, d'être des vôtres,

Pour ajouter ma voix à vos refrains.

A Béranger offrons nos patenôtres,

Nous fréquentons son église et ses saints ;

Nos Orevius pétillent d'allégresse,

A sa santé notre vin est tiré,

Et c'est ainsi que nous disons la messe

Pour célébrer Lisette et son curé.

Dans vos banquets, l'esprit brille à son aise. On n'y voit pas Tartufe et Loyola, La gaudriole y vient cueillir la fraise Sans que la Lice en pousse des holà !

statue de Voltaire, due au talent de M. Caillé. Cette fête de reconnaissance nationale était présidée par M. Laurent Pichat, sénateur, assisté de M. Engelhard, président du Conseil général de la Seine, et de M. Cli. Hérisson, président du Conseil municipal de Paris ; plus de huit mille personnes y assistaient.

La musique : chez M. G. Hartmann, rue Neuve-Saint- Augustin.

246 Chajits et Chansons

A notre cour point de flatteurs serviles^ Le gai savoir de plein droit est admis; Le franc parler en chasse les Basiles Pour n'y laisser que de joyeux amis.

J'aime à chanter et ma muse est française.

Elle a toujours chanté la liberté ;

Et mon cœur bat lorsque la Marseillaise

Conduit la France à la postérité.

Il bat encor quand le progrès entr'ouvre

Cet avenir des horizons prochains ;

Car Charles Neuf n'habite plus le Louvre

Et les Français se font républicains.

La République à vous toutes, mesdames *, Aussi découvre un splendide horizon ; A son foyer chauff'ez vos belles âmes Pour vous grandir aux yeux de la raison. Aimez vos fils jusqu'à l'idolâtrie.

Un cœur de mère en a tous les. moyens; Mais donnez-leur l'amour de la patrie^ En République il faut des citoyens.

8 janvier 1879.

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