L. GambetT
Voir la note AE à la fin du volume.
(1c Paul Aveneî. 281
J'ai dévoilé les mœurs de ces catins mondaines Dont un César moderne admirait les fredaines, Et j'ai montré du doigt au peuple le chemin Qui conduit au devoir par le respect humain.
Mathilde, je ne puis, au déclin de la vie, Oublier l'existence avec toi poursuivie : Ton âme citoyenne acclamait mes refrains Quand mon vers démasquait nos faux républicains. Que de fois ton regard éleva mon courage ! Que de fois ton sourire atténua ma rage ! Quand je montrais, du doigt, au peuple le chemin Qui conduit au devoir par le respect humain.
Nous n'avons plus vingt ans, ô ma chère compagne ! Et nous ne faisons plus de châteaux en Espagne. Nous avions nos amours, nos rêves étoiles : Que sont-ils devenus? Ils se sont envolés!... Nous vo^'agions alors au pays des chimères, Cherchant pour les vaincus des coupes moins amères. Pour mieux montrer du doigt au peuple le chemin, Qui conduit au devoir par le respect humain.
Quand je ne serai plus, Mathilde, ouvre mon livre ;
En relisant mes vers, tu me verras revivre;
Ils te rappelleront mes sentiments chéris.
Et ton cœur te dira : « Paul aimait son pays.
Et, s'il exécrait tant l'empire despotique,
C'est qu'il voulait la France en grande République.
Il a montré du doigt au peuple le chemin
Qui conduit au devoir par le respect humain. »
12 septembre 1883.