STANCES
Dédiées à mes jeunes concitoj-ens de l'école communale de Bougival, en ma qualité de membre de la Commission scolaire.
Jadis, le Droit divin gouvernait tout en maître; Pour lui, la multitude était un vil troupeau ; Mais qnatre-xfingt-neuf Yint, et le peuple put naître En réclamant ses droits, arborant son drapeau.
Alors un grand soleil se lève sur le monde, Réchauffant tous les coeurs, éclairant les esprits ; La Bastille se rend, la Liberté se fonde : Vix>re libre on motirir! est le cri de Paris.
Le vieux passé vaincu tombe avec la Bastille, Entraînant avec lui la Féodalité; Un astre inattendu dans un nouveau ciel brille : C'est le soleil du Peuple et de la Liberté.
Cet arbre vigoureux pour nous est un symbole. On l'a planté petit, il est devenu grand ; Le peuple a fait de même ; et c'est grâce à l'école Qu'à présent l'ouvrier peut être au premier rang.
Le travail bien compris grandit l'intelligence, Il découvre à l'esprit des horizons nouveaux, Il chasse devant lui la honte et l'indigence Et dit au travailleur : « Voilà ce que tu vaux, »
Vous, bourgeois, artisans; vous, travailleurs des plaines, Qui passez chaque jour sous ce vert peuplier,
de Paul Avcnel. 283
Songez en souriant aux temps des châtelaines : Le château maintenant vaut moins que l'atelier.
Le seigneur a perdu son arrogant prestige, Le vassal s'est fait homme au souffle du progrès; Et c'est la volonté de nous tous qui dirige La voix de nos élus qui siègent aux congrès.
La paix est le meilleur agent démocratique ; Le travail, l'union, vivent de liberté ; La France grandissante aime la République Oui la conduit heureuse à la postérité.
Chers enfants, vous à qui l'école est coutumière, Profitez des auteurs français, grecs ou romains ; Le soleil du peuple est cette vive lumière Qui répand ses rayons dans les cerveaux humains.
Oui, c'est la République, en bonne et digne mère. Oui de monter bien haut vous donne les moyens ; Le premier échelon, c'est l'école primaire : Les enfants studieux font de bons citoyens.
Bougival, 14 juillet 1883.