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COUR D'APPEL DE PARIS

(i'"'' chambre).

Audience solennelle du mardi 4 mai l875- RÉHABILITATION DE M. DE VILLEMESSANT

La i'"'^ chambre de la cour, en audience solennelle, sous la présidence de M. Gilardin, après avoir entendu le rapport de M. le conseiller Violas, et les conclusions de M. l'avocat général Fourchy, sur la requête en réhabilitation formée par M. de Villemessant, rédacteur en chef du Figaro, a rendu aujourd'hui, à deux heures, un arrêt dont voici l'analyse :

« La cour, considérant que de Launay de Villemessant a été deux fois déclaré en faillite, à Blois, en 1835, ^t à Paris, en 1844 ; qu'il a multiplié les annonces pour connaître ses créanciers ; qu'il reste encore 15,714 fr. 50 impayés ; que les époux Lambert font opposition à la réhabilitation et réclament une somme de 6,000 francs plus des sommes suffisantes pour les intérêts.

372 Notes.

« Par ces motifs :

« La cour admet la requête présentée, déclare de Launay de Villemessant réhabilité, conformément à la loi ; l'autorise à retirer au bout de dix ans, à compter de la date du présent arrêt, les sommes restant alors consignées à défaut de réclamation. »

M. de Villemessant, vers la fin de sa vie, était un homme grand, gros, lourd, au regard vitreux et sondeur. Il grasseyait €n parlant, tout en donnant à sa voix un ton autoritaire. Il se vantait d'avoir frappé familièrement sur le ventre du comte •de Chambord, autrement dit : Henri V, lorsqu'il avait été lui présenter ses hommages à Frohsdorfî. Il aimait à dire : Il y a -encore de beaux jours pour la France ! — Son amour pour le lis ne l'empêcha pas de se jeter aux genoux du prince impérial, âgé de quelques heures, pour sauver son journal, le Figaro, condamné à disparaître.

Il avait deux gendres : B. Jouvin, clérical, et G. Bourdin, républicain.

Au fond, M. de Villemessant était un sceptique ; il n'a que cela de commun du reste avec Montaigne, Bayle, Hume et Kant.

Note L, page 117.

Au lendemain de la guerre franco-allemande, M"" Marguerite Bellanger avait abandonné la France pour l'Angleterre et épousé en légitimes noces un marin anglais nommé Kulbach. Mais cette union vite rompue, Marguerite était revenue en France habiter Passy, et acheter à Saint-Cloud l'un des plus jolis hôtels du boulevard du Quatre-Septembre.

En 1884, elle acheta à Villeneuve-sous-Dammartin une propriété superbe où elle vint vivre en bourgeoise campagnarde. C'était une fidèle paroissienne, rendant le pain bénit, et recevant le curé à sa table, afin de mériter sans doute son entrée au paradis après le pardon complet de sa vie passée. Elle ne •devait pas attendre longtemps pour monter au ciel, emportée par une péritonite aiguë. — Voici la lettre de faire part, qui fut adressée à ses parents et amis :

« Vous êtes prié d'assister aux convoi, service et enterrement de

MADAME KULBACH

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