NÉE JULIE LEBŒUF
décédée le 23 novembre 1886, dans sa 46* année, en son château de Villeneuve-sous-Dammartin (Seine-et-Marne), qui se
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feront le 27 courant, à midi très précis, en l'église de Suint- Pierre de Chaillot, sa paroisse.
« On se réunira à l'église.
De Profundis.
« De la part de M. Kulbach, son mari ; de M. Charles Lebœuf, son fils ; etc., etc. »
Le service était des plus simples, et, à part la famille, il n'y avait personne à noter.
Note M, page 121.
Eugène Vassel, officier au g'- liussards, conspira toute sa vie contre l'empire. Il fut enfermé pendant plusieurs années au fort Grégoire, à Oran, et traité avec tant d'inhumanité que M'"*' veuve Vassel-Fréville, sa mère, écrivit à S. M. l'empereur la lettre suivante :
« Mon fils, officier français, républicain comme vous aviez juré de l'être, est traité depuis longtemps par vos geôliers, à Oran, comme une bête fauve. Couché dans la boue, manquant d'air et de lumière, n'ayant pas de pain en suffisance, il meurt à petit feu. Ce serait plus généreux à vous de mettre un terme à ses souffrances.
« Je viens vous prier de faire de smie fusiller mon enfant. Vengez-vous donc en em{)ereur et n'agissez pas en tigre.
« \^euve Va S S E L , « 9, rue Lamandé. »
En recevant cette lettre, le Bonaparte voulut faire incarcérer la noble femme, mais, grâce à l'intervention du maréchal Vaillant, elle ne fut pas arrêtée et le prisonnier fut lui» peu moins martyrisé.
Eugène Vassel mourut des suites de la maladie contractée dans Tes prisons. — Sa mère est morte à Paris, en janvier
Note N, page 122.
Victor Hugo était à l'Opéra, assistant à une des représentations de XEstnéralda, dont la partition est de M"" Bertin. M. de Saint-Priest, pair de France, vint s'asseoir auprès de
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lui, et lui annonça que la Chambre des Pairs venait de condamner Barbes à mort pour la part qu'il avait prise dans l'insurrection du 12 mai 1839, où il avait été grièvement blessé. M. de Saint-Priest croyait que l'exécution aurait lieu le lendemain matin.
Victor Hugo monta à la régie du théâtre, demanda une feuille de papier, et y écrivit ces quatre vers :
Par votre ange envolée ainsi qu'une colombe ' ! Par ce royal enfant, doux et frêle roseau! G-râee encore une fois ! Grâce au nom de la tombe ! Grâce au nom du berceau !
Il mit ces vers dans une de ces enveloppes grises qui servent aux billets de théâtre, courut aux Tuileries, et donna la lettre au portier en le priant de la porter tout de suite. — Le lendemain, il reçut cette réponse du roi : « La grâce est accordée, il ne me reste plus qu'a l'obtenir."» — En effet, les ministres, dont était le général Cubières, qui plus tard fut condamné aussi par la Chambre des Pairs, non pour une affaire politique, voulaient l'exécution.
Louis-Philippe tint bon et Barbes fut sauvé. Mais ce ne fut qu'en 1848 qu'il sortit de prison.
Voici la lettre qu'il écrivit plus tard à \^ictor Hugo :
« La Haye, le 10 juillet 1862.
« Cher et illustre citoyen,
« Le condamné dont vous parlez dans le septième volume des Misérables doit vous paraître ingrat.
« Il y a vingt-trois ans qu'il est votre obligé !... et il ne vous a rien dit.
« Pardonnez-lui ! pardonnez-moi !
« Dans ma prison d'avant février, je m'étais promis bien des fois de courir chez vous si un jour la liberté m'était rendue.
« Rêves de jeune homme ! Ce jour vint pour me jeter comme un brin de paille rompu dans le tourbillon de 1848.
« Je ne pus rien faire de ce que j'avais si ardemment souhaité.
« Et depuis, pardonnez-moi ce mot, cher citoyen, la majesté de votre génie a toujours arrêté la manifestation de ma pensée.
« Je fus fier, dans mon heure de danger, de me voir pro-
1. La princesse Marie, deuxième fille du roi, venait de mourir (2 janvier 1839), et le comte de Paris venait de naître.
Pise
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tégé par un ra3'on de votre flamme. Je ne pouvais mourir puisque vous me défendiez.
« Que n'ai-je eu la puissance de montrer que j'étais digne que votre bras s'étendît sur moi ! Mais chacun a sa destinée, et tous ceux qu'Achille a sauvés n'étaient pas des héros.
« \^ieux maintenant, je suis depuis un an dans un triste état de santé. J'ai cru souvent que mon cœur ou ma tête allait éclater. Mais je me félicite, malgré mes souffrances, d'avoir été conservé, puisque, sous le coup de votre nouveau bienfait, je trouve l'audace de vous remercier de l'ancien.
« A vous de profonde affection.
« A. Barbes. »
La réponse de Victor Hugo fut digne de cette belle lettre :
« Quand un homme a, comme vous, été le combattant et le martyr du progrès ; quand il a, pour la sainte cause démocratique et humaine, sacrifié sa fortune, sa jeunesse, son droit au bonheur, sa liberté ; quand il a, pour servir l'idéal, accepté toutes les formes de la lutte et toutes les formes de l'épreuve, la calomnie, la persécution, la défection, les longues années de la prison, les longues années de l'exil... Quand un homme a fait cela, tous lui doivent, et lui ne doit rien à qui que ce soit. Qui a tout donné au genre humain est quitte envers l'individu, »
Note O, page 125.
La reine Hortense eut trois enfants qui portèrent légalement le nom de Bonaparte :
1° Charles-Louis, né en 1802, mort en 1807 ;
2" Napoléon-Louis, né en 1805, tué à Forli, en 1839 ;
3° Louis-Napoléon, qui fut empereur des Français.
Après l'expédition de Forli, le vieux roi Louis s'exprimait ainsi sur le compte de ses deux fils, dont il avait forcément la paternité.
Il disait dans une lettre adressée à Grégoire XVI :
« Saint-Père, mon âme est accablée de tristesse, et j'ai frémi d'indignation quand j'ai appris la tentative criminelle de mon fils contre l'autorité de Votre Sainteté ! Ma vie, déjà si douloureuse, devait donc être éprouvée par le plus cruel des chagrins, celui d'apprendre qu'un des miens ait pu oublier toutes les bontés dont vous avez comblé notre malheureuse famille.
Notes.
« Le malheureux enfant est mort, que Dieu lui fasse miséricorde !
« Quant h l'antre (Louis-Napoléon), çid ustirpe 7non nom, vous le savez, Samt-Père, celtti-Va, grâce a Dieu, ne m est rien : f ai le malheur d' avoir pour femme une Messaline qui accouche... »
Note P, page 131.
Decius Mus (Publius), illustre Romain, de famille plébéienne. Tribun légionnaire l'an 40g de Rome, 344 avant J.-C, il sauva l'armée de Cornélius Cossus, enfermée près de Soticula, dans un défilé, par les Samnites. Consul en 340 avec Manlius Torquatus, il se dévoua aux dieux infernaux dans une bataille contre les Latins à \^éséris, pour donner la victoire aux Romains. — Cet acte de dévouement fut renouvelé par son fils à la bataille de Sentinum contre les Gaulois Ombriens en 295, et par son petit-fils à celle d'Asculum contre Pyrrhus en 279.
A Sedan, le général Wimpffen, investi du commandement en chef de l'armée, offrit à Sa Majesté Napoléon III de se mettre au milieu des troupes et de faire une trouée dans l'arm.ée allemande. Le filsd'Hortense refusa prudemment cette héroïque proposition et fit hisser le drapeau blanc. Il aimait mieux se rendre que de risquer sa vie. Et, malgré cela, les bonapartistes rejettent sur le général Wimpffen la capitulation de Sedan. Heureusement que l'histoire est là pour le laver de cette calomnie.
Note 0, page 135.
Le colonel du génie Raymond (Paul-Eugène), chargé, avec le général Henry, de faire l'inventaire du matériel de l'armée à livrer aux Prussiens, à la reddition de Metz, a déclaré devant la haute Cour de justice que les procès-verbaux officiels constatent qu'il fut remis à l'ennemi :
1 .665 bouches à feu, dont 1.136 rayées ; 8.922 affûts de voitures; 3.239.225 projectiles;
419.285 Kilog. de poudre ; 13.280.096 cartouches du modèle Chassepot ; 9.696.756 cartouches de divers modèles.
Notes.
Le valeur de ce matériel s'élève au chiffre total de 36 millions de francs.
Joignez à cela les drapeaux d'une armée de cent cinquante mille hommes, et la ville de Metz, une place de guerre de premier ordre !
Avant le maréchal Bazaine, huit maréchaux de France avaient été condamnés et exécutés :
10 En 1440, fut pendu, à Nantes, et ensuite brûlé, Gilles de Laval, dit le maréchal de Retz (surnommé la Barhe-Bleue'). Il était accusé d'horribles assassinats ; son nom, du reste, a conservé une triste popularité ;
2" Le 19 décembre 1475, fut décapité, en place de Grève, pour complots et rebellions contre Charles VII et Louis XI, Louis de Luxembourg, comte de Saint-Pol, connétable de France ;
3" Charles de Gontaut, duc de Biron. Son principal crime était d'avoir comploté, avec le duc de Savoie et les Espagnols, pour le morcellement de la France. Henri IV essaya en vain de le sauver.
11 fut exécuté dans l'intérieur de la Bastille, en 1602.
4° Pour avoir comploté contre la vie de Richelieu, le maréchal de Marcillac fut décapité en 1632 ;
5" La même année (1632), Henri de Montmorency, fait prisonnier à la bataille de Castelnaudary, livrée contre les troupes royales, fut décapité dans la cour du Capilole de Toulouse ;
6" Le baron de Luckner, nommé maréchal de France sous la Révolution, dont il avait adopté les principes, fut traduit devant le Tribunal révolutionnaire pour haute trahison, et guillotiné en i794 ;
70 La même année (1794), Philippe de Noailles, duc de Mouchy, fut aussi condamné et décapité ;
8** Le maréchal Ney, condamné pour haute trahison et fusillé le 7 octobre 1815.
Le maréchal Bazaine, à qui le Président de la République (Mac-Mahon) avait fait grâce de la vie, s'échappa de sa prit son. Il était dans le fort des îles Sainte-Marguerite, où fujadis le Masque de Fer. Il se réfugia en Espagne et mourut à Madrid, le 23 septembre 1888.
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Note R, page 140.
Jean-Michel Badinguet est mort le i"*" décembre 1883, âgé de soixante-quatorze ans, à Châtenay-les-Bagneux près de Sceaux, où il vivait très retiré. — C'est lui, l'ouvrier maçon qui, travaillant au fort de Ham, céda au D"" Conneau sa blouse, son pantalon de toile, sa casquette, ses souliers et jusqu'à son brûle-gueule pour déguiser le prince Louis-Napoléon, alors prisonnier dans cette forteresse. C'est ainsi travesti et portant sur l'épaule une planche, que le futur empereur put sortir sans être inquiété, et se réfugier en Angleterre. Le gouvernement de Louis-Philippe fit arrêter Jean- Michel Badinguet et quelques mois de prison le punirent de sa mauvaise action.
Le coup d'Etat du 2 décembre ayant eu lieu, l'ouvrier maçon vint à Paris, et Louis-Napoléon lui fit une pension viagère de douze cents francs sur sa cassette particulière. Alors trouvant son nom trop dangereux à porter dans le voisinage de Paris, il le changea pour celui de Jean-Michel Radot. — C'est seulement au moment de sa mort que ces divers détails sur sa vie ont été connus.
Note S, page 146.
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