RÉSUME
L'empire et l'empereur ont coûté :
437,000 hommes morts, — 15 milliards, — 1,065,000 habitants.
L'empire a fait augmenter la dette de 22 milliards, dont l'intérêt et l'amortissement à 6 pour loo est de 1,320 millions, soit 'x,'^ francs d'impôts par tête d' habitant et par an.
Un empereur coûte donc aux contribuables, par jour, cent
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quatre-vingt mille huit cent vingt et un francs (180,821 francs), et par heure, sept mille cinq cent trente-quatre francs (7,534 francs).
Voilà l'héritage que l'empire a légué à la République.
Note Z, page 190.
Le document historique suivant, relatif à I'ex-IMPÉRATRICE EUGÉNIE, est extrait de la Gazette des Tribunaux du mercredi 28 septembre 183 1, 6*^ année, n'' 191 1 :
Don Joaquin de Montijo était capitaine au régiment provincial de Ségovie en 18 10, lorsqu'il épousa, le 8 février de cette année, dona Maria del Pilar de Penaranda, appartenant à une famille aisée et honorable de Fuente-Pelago, près Ségovie. Ce mariage ne fut pas sans nuages. Don Joaquin vint en France et divorça avec dona Maria del Pilar, en novembre 1813. Puis, au bout de quelques années, les époux se retrouvèrent en Espagne et vécurent de nouveau sous le même toit.
De cette union étaient nés deux enfants : une fille et un garçon. L'une mourut à l'âge de neuf mois, l'autre à 1 âge de quinze ans. — Quant au père, don Joaquin, il mourut d'une chute de cheval en 1823.
La veuve étant restée sans progéniture, ses deux beauxfrères, don Antonio et don Braulio de Montijo, vinrent lui disputer l'héritage du défunt, en lui contestant son titre de veuve de Montijo, se basant sur le divorce de 1813.
Ce procès fut plaidé, en 1828, à la chancellerie royale de Valladolid. M'"" de Montijo, grand'mère de Vécolier de Woolwich, qui avait perdu le procès devant le tribunal de première instance, le gagna devant la chancellerie royale.
Le côté curieux et instructif de ce procès, le voici : c'est qu'il prouve que la personne qui portait à Paris, dans le monde élégant où Napoléon III est allé la chercher, le nom de mademoiselle de Montijo, est née le 5 mai 1826, c'est-àdire trois ans après la mort de son père.
Ainsi, c'est à l'aide d'une audacieuse falsification d'actes de l'état civil qu'on a pu faire croire aux Français que leur souveraine était la fille légitime d'un grand seigneur espagnol.
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Note AB, page 217.
Le 7 juin 1876, la Chambre des députés, par 357 voix contre 123, votait /(;«;- la laïcité des jurys chargés de conférer les grades (enseignement supérieur).
Le 22 juillet, le Sénat, par 144 voix contre 139, votait contre la laïcité des jurys. Ce résultat était dû à MM. Buffet, de Broglie, Laboulaye et Wallon.
M. Laboulaye, en votant avec les jésuites et les bonapartistes, avait entraîné le rejet de la loi Waddington sur la collation des grades. — Sous le second empire, il s'était tout d'abord associé aux républicains pour combattre le gouvernement du 2 décembre. Les habitants de Strasbourg l'avaient même choisi pour candidat, en 1866, contre le candidat officiel, M. de Bussière. La lutte électorale avait été ardente, passionnée ; le parti républicain avait succombé avec honneur, et, pour témoigner sa reconnaissance envers sou candidat, les Strasbourgeois s'étaient empressés d'ouvrir une souscription à 10 centimes pour offrir un encrier d'argent à M. Laboulaye, en souvenir de la campagne él^torale de
En 1870, M. Edouard Laboulaye, à la grande stupéfaction de ses anciens électeurs, publia, dans le Journal des Débats, une lettre datée de Glatigny- Versailles, 26 avril, pour engager ses amis à voter en faveur du plébiscite impérial : « Non ou abstention, écrivait-il, veulent dire Révolution. » Tel est le caractère qu'il donnait au vote négatif en l'attribuant au parti républicain
Aussitôt, l'ancien comité électoral de Strasbourg chargea M. Lafont, de Paris, de remettre à M. Laboulaye la lettre suivante :
« Strasbourg, Ip"" mai 1870.
« Monsieur Laboulaye,
« En 1866, nous vous avons fait l'honneur de vous porter à Strasbourg candidat à la députation, parce que nous vous considérions comme un démocrate sincère.
« Nous avons, depuis lors, appris à vous connaître mieux, et, lorsqu'en 1869 vous vous êtes proposé de nouveau à nos suffrages, nous avons repoussé votre candidature.
« Nous nous en félicitons aujourd hui en lisant la lettre par laquelle vous engagez les électeurs à voter oui sur le plébiscite, peu de temps après la nomination de votre fils au poste de premier secrétaire a ambassade .
« Nous regrettons le bon accueil que nous vous avons fait en 1866 ; nous regrettons surtout certain ENCRIER d'argent que quelques-uns d'entre nous vous ont offert, non point pour
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ce qu'il nous a coûté, mais parce que c'est dans cet encrier que vous avez probablement trempé la plume avec laquelle vous venez de faire acte d'adhésion à l'Empire. « Nous vous saluons dans ces sentiments, »
Suivent les signatures du comité, parmi lesquelles figurent celles de MM. Engelhard, Gloxin, ancien représentant du peuple ; Lucien Delabrousse, Louis Durr, etc.
Telle est l'origine du mot, devenu légendaire, qu'on entend retentir à chaque nouvelle palinodie de M. Laboula3re : Rendez l'encrier!
M. Laboulaye est mort le 25 mars 1883 ; il était né à Paris, le 18 janvier 181 1.
Note AC, page 230.
Bernadette Soubirou, âgée de quatorze ans, est la jeune voyante qui, à partir du jeudi gras de 1858, eut des entrevues avec la dame de la grotte. Les paysans répandirent cette nouvelle à Tarbes, Bagnères, Cauterets, Saint-Pé, etc. Un pèlerinage alors s'organisa pour la grotte massabielle.
M. Lasserre, dans son livre, rapporte ainsi l'opinion de médecins sur la susdite voyante : « Cette petite fille est sincère dans ses réponses ; maïs elle est halhicinée ; elle croit voir et ne voit pas ; elle croit entendre et n'entend pas ; elle est atteinte d'une maladie : elle est cataleptique. Un dérangement de cerveau, compliqué d'un trouble musculaire et nerveux, voilà toute l'explication des phénomènes dont la population fait tant de bruit. Rien n'est plus simple. »
Cette dame de Lourdes qui causait avec Bernadette, lui fit découvrir l'eau à miracles de la grotte et lui dit ensuite qu'elle voulait qu'on lui construisit une chapelle et qu'on fît à la grotte des processions. Cette dame finit par avouer à la jeune fille qu'elle était V Immaculée Conception.
L'évêque de Tarbes nomma une commission d'examen pour vérifier les miracles; et, par un mandement en date du 18 janvier 1862, il autorisa le culte de Notre-Dame de la grotte de Lourdes, et proposa de bâtir un sanctuaire sur le terrain de la grotte. — L'évêque, en tête de son mandement, jugeait que r Immaculée Marie, mère de Dieu, avait réellement apparu à Bernadette.
La jeune hallucinée entra en religion sous le nom de sœur Marie-Bernard dans la congrégation des sœurs de la Charité et de l'Instruction chrétienne, à Nevers. Elle mourut le 18 avril 1879.
Notes. 387
Note AD, page 251.
Louis-Eugène Napoléon avait été rejoindre l'armée anglaise au Cap, pour combattre Cettiwayo, roi des Zoulous. Il fut tué le i*^'" juin 1879, en faisant une reconnaissance en paysennemi. 11 était né aux Tuileries le 16 mars 1856.
Le capitaine Carey fut, sur le premier moment, accusé de" sa mort par MM. les bonapartistes ; mais, après enquête, voici, la vérité :
1° Le capitaine Carey n'avait aucun commandement dansl'expédition ; il n'avait accompagné l'ex-prince uniquement que pour certifier ou contrôler un plan qu'il avait personnellement levé quelque temps auparavant, et c'était seulement pour profiter de l'escorte de l'ex-prince qu'il s'était joint à sa petite troupe ;
2° Il n'a eu nullement connaissance du danger que courait l'ex-prince ; au moment où les Zoulous se sont rués sur lai petite troupe, chacun a sauté en selle comme il a pu ; les chevaux étaient effrayés par les cris des Zoulous, et la hauteur des herbes empêchait de voir comment chacun se tirait d'affaire ;
S** Enfin, quand le capitaine a pu maîtriser son cheval et faire halte, il était trop tard pour secourir l'ex-prince, puisquece dernier avait été tué a distance avant d'avoir pu remonter à cheval.
Donc, l'accident qui a entraîné la mort de trois hommes (le prince et deux soldats anglais, Able et Rogers) est dû uniquement à l'imprudence de ce jeune homme présomptueux et ignorant, qui s'est laissé surprendre sans avoir eu la précaution de se garder par des vedettes que seul il avait qualité pour commander.
Nous ajouterons à ces observations : qu'il y a eu à Londres^ à la Chambre des communes (août 1879), une discussion qui n'est pas de nature à causer beaucoup d'agrément aux bonapartistes.
Il s'agissait du tombeau que quelques Anglais ont eu l'idée d'ériger dans l'abbaye de Westminster, à l'ex-héritier de l'empereur de Sedan.
M. Lawson a demandé sous quel prétexte on mettrait parmi les grands noms de l'Angleterre « un jeune homme qui n'avait rien fait pour l'Angleterre ». « Il n'y a de place à Westminster, a-t-il dit, pour aucun Napoléon : Napoléon I^*" a été le fléau du monde; Napoléon II est heureusement mort avant d'avoir pu faire le mal; Napoléon III a été représenté par le prince Albert comme étant né conspirateur, et enfin Napoléon IV est mort avant d'avoir pu mettre à exécution
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son intention de faire tous les efforts possibles pour renverser le gouvernement républicain de la France. »
M. Lawson a été vigoureusement soutenu par MM. Jenikins, Burt, etc., et il a été manifeste que le sentiment de la Chambre était opposé à l'érection du monument.
Et, pour compléter l'opinion ci-dessus, nous reproduirons ce qui suit :
Un journal anglais aussi lu que le Times, le Punch, proposait l'épitaphe suivante pour le monument qu'on voulait élever en l'honneur du fils de Napoléon III dans l'abbaye de .Westminster :