‹ Chants et chansonsChapitre 23 sur 202 · UN BRAVE DE LA MER · texte numérisé non relu

UN BRAVE DE LA MER

Quand il est nuit et que la foudre gronde, Je pense à Jean, un ami de vingt ans. Il avait fait deux fois le tour du monde, Et fut jeté là-bas sur les brisants.

J'entends toujours le bruit de la tempête. Je vois encor l'éclair dans le ciel noir; Jean au danger opposa cœur et tête.

En loup de mer il faisait son devoir.

Malgré les vagues menaçantes Aux voix sourdes et rugissantes, Jean Ké rouan Bravait toujours, sans trembler, l'océan.

Il revenait du banc de Terre-Neuve, Ayant à bord un riche chargement; Quinze ans de mer l'avaient mis à l'épreuve Des grands périls que court un bâtiment. Enfants et femme attendaient sur la plage, La joie au cœur, l'instant de le revoir... Mais l'ouragan, en dépit de sa rage, Ne put lui faire oublier son devoir.

Malgré les vagues menaçantes Aux voix sourdes et rugissantes, Jean Kérouan Bravait toujours, sans trembler, l'océan.

de Paul Avenel. 45

Il était là, commandant l'équipage

Avec sang-froid, au pied du grand hunier;

Il fut sublime en face du naufrage,

Et sur le pont il resta le dernier.

Il vit la mer entrouvrir son navire...

Dieu seul alors connut son désespoir!

Ses vieux amis sont tous là pour le dire :

C'est en héros qu'il a fait son devoir.

Malgré les vagues menaçantes Aux voix sourdes et rugissantes, Jean Kérouan Bravait toujours, sans trembler, l'océan.

Au bord de la mer, 1850.

Page 1