CAMILLE
Viens, ma belle,
Une voix nous appelle
Au fond des bois.
Ecoute-la, cruelle;
De l'amour, je crois,
C'est la voix.
Ta taille ondoyante, Camille, A la souplesse du roseau ; Dis-moi donc quelle est ta famille ; Tiens-tu du sylphe ou de l'oiseau ?
Es-tu perfide comme l'onde, Toi, qu'on croirait fille des dieux?
Ton règne est-il en ce bas monde.
Ou dans l'azur profond des cieux?
Viens ma belle, Une voix nous appelle,
Au fond des bois. Ecoute-la, cruelle; De l'amour, je crois, C'est la voix.
Dans l'eau d'une claire fontaine Je t'ai surprise à te mirer; Etait-ce ta beauté hautaine Qu'ainsi tu venais admirer.'' J'ai vu dans le miroir limpide.
Plonger ton regard triomphant; J'ai baisé sur le sable humide L'empreinte de ton pied d'enfant.
Viens, ma belle, Une voix nous appelle
de Pa ul Aveu cl. 6 ^
Au fond des bois.
Écoute-la, cruelle; De l'amour, je crois.
C'est la voix.
Ta vie est-elle le problème
D'un vieux sphinx sans compassion?
Ton amour est-il le poème
D'un cœur mû par la passion ?
Ton corps divin a-t-il une âme ?
Tes grands yeux noirs ont-ils des pleurs ?
Je n'en sais rien,... mais sois ma femme,
Je t'adore,... sinon je meurs.
Viens ma belle, Une voix nous appelle Au fond des bois, Ecoute-la, cruelle; De l'amour, je crois, C'est la voix.