‹ Chants et chansonsChapitre 33 sur 202 · CAMILLE · texte numérisé non relu

CAMILLE

Viens, ma belle,

Une voix nous appelle

Au fond des bois.

Ecoute-la, cruelle;

De l'amour, je crois,

C'est la voix.

Ta taille ondoyante, Camille, A la souplesse du roseau ; Dis-moi donc quelle est ta famille ; Tiens-tu du sylphe ou de l'oiseau ?

Es-tu perfide comme l'onde, Toi, qu'on croirait fille des dieux?

Ton règne est-il en ce bas monde.

Ou dans l'azur profond des cieux?

Viens ma belle, Une voix nous appelle,

Au fond des bois. Ecoute-la, cruelle; De l'amour, je crois, C'est la voix.

Dans l'eau d'une claire fontaine Je t'ai surprise à te mirer; Etait-ce ta beauté hautaine Qu'ainsi tu venais admirer.'' J'ai vu dans le miroir limpide.

Plonger ton regard triomphant; J'ai baisé sur le sable humide L'empreinte de ton pied d'enfant.

Viens, ma belle, Une voix nous appelle

de Pa ul Aveu cl. 6 ^

Au fond des bois.

Écoute-la, cruelle; De l'amour, je crois.

C'est la voix.

Ta vie est-elle le problème

D'un vieux sphinx sans compassion?

Ton amour est-il le poème

D'un cœur mû par la passion ?

Ton corps divin a-t-il une âme ?

Tes grands yeux noirs ont-ils des pleurs ?

Je n'en sais rien,... mais sois ma femme,

Je t'adore,... sinon je meurs.

Viens ma belle, Une voix nous appelle Au fond des bois, Ecoute-la, cruelle; De l'amour, je crois, C'est la voix.

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