LE REGNE DES COCOTTES
Air (lu DnUel des Merrots.
Sous ce beau règne tout progresse.
Le demi-monde est accepté,
Les soudards donnent la richesse
A qui possède la beauté. (Bis.)
Belmontet, moderne Catulle,
Chante les amours de César.
Auguste est mort, vive Augustule ! | .„. ,
L'Elysée est un bal Musard'. \
1. Le bal Musard (Champs-Elysées), qui tirait son nom de son célèbre chef d'orchestre, était en vogue à cette époque et très fréquenté par la haute cocotterie.
66 Chatiis et Chansons
Là, comtesse, baronne et tille Séduisent les gens par les yeux, Et les crevés, fils de famille.
Font litière de leurs aïeux.
Bou-Stra-Pa sans aucun scrupule • Donne le bras à la Saint- Phar.
Auguste est mort, vive Augustiile !
L'Elysée est un bal Musard.
Dans cette impériale orgie, Le vice s'entoure de fleurs :
Nos conquérants de tabagie En font galamment les honneurs; Don Juan a plus d'un émule Dans ces festins de Balthazar.
Auguste est mort, vive Augustule !
L'Elysée est un bal Musard.
En grande dame, la cocotte Rançonne le petit crevé.
Tant pis d'ailleurs pour qui s'y frotte; Elle tient le haut du pavé.
Le plus vertueux capitule :
Joseph entretient Putiphar.
Auguste est mort, vive Augustule !
L'Elysée est un bal Musard.
Cora Pearl, comme un bel archange -, Se fait adorer à genoux.
1. Nom composé de Boiilogne-S(rasbour(j-Paris, et donné par le peuple à Xapoléon III. (Voir la note D à la fin du Tolunie.)
2. Le véritable nom de cette fille entretenue était Emma Croudi. Elle eut des amants qui se ruinèrent d'abord jiour elle et qui se brûlèrent la cervelle ensuite. — Elle est morte dans la misère à Paris, le 10 juillet 188 G, âgée de quarante-quatre ans, d"un cancer à l'estomac, après avoir gaspillé 20 millions environ. Le prince Jérôme, dit Plon-Plon, avait été un de ses entreteneurs passionnés. (Voir la note £ à la fin du volume.)
de Paul Ave ne L 6/
Et ce n'est qu'en lettres de change Qu'elle accepte les billets doux.
L'amour tient tout sous sa férule, Depuis Mornv jusqu'à Mocquard.
Auguste est mort, vive AugustulG !
L'Elysée est un bal Musard.
Et c'est toi, généreuse France, Qui paye en beaux et bons deniers Les débauches du fils d'Hortense, Le plus bas des palefreniers '.
Dire que le bourgeois crédule Fait son sauveur de ce pendard !
Auguste est mort, vive Augustule !
L'Elysée est un bal Musard.