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90 Chants et Cliansons

Comme on lancerait une meute Sur les passants des boulevards; Le sang, le punch, sont de la fête * Pour messieurs de l'autorité; Et c'est à coups de casse-tête Qu'ils protègent la liberté.

Partout on tue, on emprisonne, Bicêtre est plein, Mazas s'emplit - ; Dans son frac Piétri frissonne, Et sous son froc Veuillot pâlit ^.

Les ratapoils du chauvinisme Ont bâillonné la Vérité, Et les geôliers du despotisme Ont mis sous clef la liberté.

Le savoir est un diadème Dont s'enorgueillit le savant ; Pour devenir grand par toi-même, Peuple, instruis-toi, marche en avant !

Par tes labeurs tu verras naître L'ère de la prospérité ; Pouvant alors parler en maître, Tu garderas la liberté.

1. On donnait du punch aux agents de police, à la Préfecture et dans les mairies. Puis ils se ruaient sur les promeneurs et les assommaient à coups de casse -tête.

2. La plupart des Parisiens arrêtés sur le boulevard Montmartre furent enfermés dans ces prisons (juin 1869).

3. Piétri, Corse et préfet de police. — Le célèbre critique Sainte- Beuve a dit de Veuillot, rédacteur de l'Univers : « On ne réfute pas un écrivain aussi voué, à l'avance, au mépris de l'avenir. »

de Paul Ave ne/. 91

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