LE CHANT DE L'ATELIER
Peuples, soyons frères, Plus de sang, plus de guerres !
Et de notre fraternité Naîtra la liberté.
Nos ateliers sont pour nous les vrais temples Où de la paix s'assemble le congrès ; De nos labeurs les vertueux exemples A nos enfants enseignent le progrès.
Nous sommes fiers, nous autres prolétaires, O Liberté ! de crier en ton nom :
C'est au travail qu'il faut des volontaires, Il n'en faut plus pour la chair à canon.
Peuples, soyons frères, Plus de sang, plus de guerres!
Et de notre fraternité Naîtra la liberté.
Nous avons tous l'amour de la Patrie, Mais nous rêvons la gloire en travailleurs ; Nous sommes, nous, soldats de l'industrie. Le monde eut trop de Césars mitrailleurs. L'art seul domine, il faut le reconnaître; Napoléon est moins grand que Fulton.
Dieu, citoyens, ne nous a pas fait naître Pour devenir de la chair à canon.
Peuples, soyons frères.
Plus de sang, plus de guerres !
Et de notre fraternité Naîtra la liberté.
Peuples, assez de combats, de conquêtes, Notre avenir doit être plus humain; Détournons-nous de ces sanglantes fêtes, Pour nous unir et nous tendre la main. Ne souffrons plus de pouvoir despotique ; Aux fils des rois il faut répondre : « Non ! » Laissez-nous vivre en paix, en république ' ; L'homme n'est plus de la chair à canon.
Peuples, soyons frères.
Plus de sang, plus de guerres !
Et de notre fraternité Naîtra la liberté.