LA VACHE A GAMBON
Air de Calpigi.
Jadis, sous un roi despotique,
Pour désigner un hérétique,
On s'écriait : « C'est un Judas !
Il est de la vache à Colas. » (Bis.)
Aujourd'hui, mes amis, pour dire
Qu'un Français n'aime pas l'Empire,
Nous avons un nouveau dicton :
« Il est de la vache à Gambon. » (Bis.)
Gambon trouvant que l'on abuse Des droits du fisc, il se refuse A payer tous les lourds impôts Dont on nous frappe à tout propos.
Mais le peuple prenant à tâche De lui rendre à ses frais la vache ^ Qu'on vendit devant sa maison :
Il est de la vache à Gambon.
Toutes les fois qu'un homme honnête A l'arbitraire tiendra tête, Un pouvoir fort et maladroit En vain contestera ce droit.
En lui voyant donner l'exemple De chasser les vendeurs du temple.
Le peuple dira : « C'est un bon !
Il est de la vache à Gambon. »
On a, sur la place publique, Des pantins comme en politique Equilibristes singuliers, Mangeant à tous les râteliers.
Et voyez-en les conséquences :
Quoique donnant des espérances.
On ne dit pas de Darimon ^ :
« Il est de la vache à Gambon. »
1. Le journal la Marseillaise ouvrit, dans ses colonnes, une souscription l)our le rachat de la vaclie du citoyen Grambon (janvier 1870). Il recueillit de nombreuses offrandes.
Voir la note I à la fin du volume.