‹ Chants et chansonsChapitre 59 sur 202 · Voir la note J, à la fin du volume · texte numérisé non relu

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de Paul Ave7icl.

A ses nobles valets, payons les armoiries, Payons toujours, payons pour tous, ô lâcheté ! L'Homme-Décembre rit au fond des Tuileries... Et j'ose encore, moi, parler de liberté. D'égalité, Et de fraternité.

Chacun subit gaîment les lois de l'arbitraire. Le mari vend sa femme, et le frère sa sœur. Le droit de l'empire est la force militaire, On vit au jour le jour et l'on blague l'honneur ! Les mœurs ne craignent plus le bruit ou le scandale, L'époque sans pudeur perd sa virginité.

L'Homme-Décembre rit au nom de la morale... Et j'ose encore, moi, parler de liberté, D'égalité, Et de fraternité.

Mais, quand les travailleurs de la sainte canaille. Qui cache sa misère à l'ombre des faubourgs. Laissant, pour le fusil, la lime ou la tenaille. Diront : « Frères, marchons, en avant les tambours ! » Le flot emportera l'impérial vampire Qui plongea dans le sang sa fauve majesté ^.. Nous n'en aurons pas moins subi vingt ans d'empire : Mais nous pourrons enfin parler de liberté. D'égalité, Et de fraternité.

1. Les prévisions île l'auteur ne se sont pas réalisées. Ce fut Guilaume de Prusse qui fit la besogne du peuple français.

(Note de l'éditeur.)

iio Cha7its et Chansons

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