AVRIL
La France est devenue une nation vile, Nos pères étaient grands et nous sommes petits. Les Français ont perdu leur -puissance virile; Ils n'ont plus que du ventre et de grands appétits. Le peuple meurt de faim, le bon bourgeois engraisse, Et la Bourse est le pouls de la stabilité. L'Homme-Décembre rit en étranglant la Presse ! Et j'ose encore, moi, parler de liberté. D'égalité, Et de fraternité.
Nous n'avons plus l'honneur des sublimes batailles; Plus nous tomberons bas, plus nous monterons haut Lorsque retentira le glas des représailles; La France sortira de sa honte, il le faut ! Nous, les braves vaincus, nous vivons d'espérances. Nous faisant un devoir de notre probité. L'Homme-Décembré rit en prenant nos finances *... Et j'ose encore, moi, parler de liberté, D'égalité, Et de fraternité.
O France ! n'est-ce pas qu'il a raison, cet homme,
De te considérer comme une vache à lait?
Il refait à Paris ce que l'on fait à Rome.
Allons ! tournons la meule et payons, c'est parfait !