PAPA GRAND'PERE
Musique de M. Gourlieu.
Quand la nature a perdu son sourire, Quand le soleil pâlit à l'horizon.
Et que l'hiver aux travailleurs vient dire : « Quittez les champs, rentrez à la maison : » Il est un coin aimé de la famille, Oiî le bonheur conserve son ciel bleu ; Le grillon chante et le foyer pétille : C'est le coin du feu.
Dans mon fauteuil, en de longs jours j'espère, Contre le Temps, ma foi ! je me défends.
de Pa iil Aveneî. 115
Et l'on m'appelle un bon papa grand'père; Ils sont si gais, mes tout petits-enfants ! Si ma bonté va jusqu'à la faiblesse :
Avec plaisir je vous en fais l'aveu.
Le paradis d'une heureuse vieillesse :
C'est le coin du feu.
A la veillée, un cœur jeune babille, Et c'est en vain qu'il veut dissimuler; Jean ne dit pas que Jeannette est gentille, Les amoureux s'entendent sans parler, Leurs doux regards sont remplis de caresses; On sent qu'on aime, en frissonnant un peu. Le rendez-vous des premières ivresses :
C'est le coin du feu.
Moi, vieux soldat, de nos gloires passées J'ai conservé le pieux souvenir; Vers mon drapeau retournent mes pensées, Lui que l'honneur sut toujours bien tenir. Ah ! que ne puis-je, au cri de la patrie, Combattre encor pour sa grandeur et Dieu ! Mais le bivac où maintenant... je prie : C'est le coin du feu.
Au coin du feu souvent je dors et rêve; A mon réveil faites un bon accueil.
Car le récit que devant vous j'achève Pour confident n'eut que mon grand fauteuil. Les envieux font vertu de l'envie; Vivez en paix, amis, voilà mon vœu...
Moi, ce que j'aime au déclin de la vie : C'est le coin du feu •.
1. La musique : chez M. Le Bailly, éditeur, rue de l'Abbaye, 2.
ii6 Chants et ChaJisons