‹ Chants et chansonsChapitre 63 sur 202 · LE TE DEUM · texte numérisé non relu

LE TE DEUM

Air : Eh ! qu'est-c' qu'ça m'fait à moi f

Amis, on vient de me dire Qu'on discute, en très haut lieu i, S'il faut mêler le bon Dieu Au peuple qui ne sait lire.

Faut-il un 7> Deitm, Pour le salut de l'empire?

Faut-il un Te Deum?

Ouod erat demonstrandum.

Contre nos droits tout conspire :

Tartufe veille au Sénat, Et, dans le conseil d'État, Nos Cujas ont le délire !

Faut-il un Te Deum, Pour le salut de l'empire?

Faut-il un Te Deu^n?

Ouod erat demonstrandufti.

On fait la hausse et la baisse A la Bourse, quel gâchis !

Mais aussi que d'enrichis Se disent : « Sauvons la caisse ! »

Faut-il un Te Deum, Pour le salut de l'empire?

Faut-il un Te Deum?

Quod erat demonstrandujn.

1. Après le vote du plébiscite, on parla de faire chanter un Te De îi Notre-Dame, pour remercier Dieu de l'ignorance des habitants campagnes.

de Pa 2(1 Avenel. 117

La Marguerite a voiture ^ Depuis qu'un vieux vient la voir; Par elle on pourrait avoir Une bonne prclccture.

Faut-il un Te Deum, Pour le salut de l'empire?

Faut-il un Te Deum?

Quod erai deiiionstrandum.

A l'armée on crétinise Les fils de nos paysans; Jugez donc, après neuf ans -, De leur dose de bêtise.

Faut-il un Te Deum, Pour le salut de l'empire?

Faut-il un Te Deum?

Quod erat demonstrajidum.

Les dévots et la prêtraille Accaparent les honneurs, Et du haut de leurs grandeurs Au bon sens livrent bataille.

Faut-il un Te Deum, Pour le salut de l'empire?

Faut-il un Te Deu7n?

Ouod erat demonstrand^im.

1. M"^ Marguerite Bellanger, jolie blonde aux yeux noirs, ancienne actrice du théâtre des Délassements-Comiques, était alors la maîtresse favorite de l'empereur. La liaison de Sa Majesté avec M"« Françoise Lebœuf, dite Marguerite Bellanger, commença à Vichy en 1863. Elle était née de petits fermiers du village de la Villebernier (Maine-et- Loire). (Voir la note L à la fin du volume.)

2. Le second empire avait porté de sept à neuf ans le temps du service militaire, cinq ans dans l'armée active et quatre ans dans la réserve (Loi de 1868).

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Avec ton œil de satyre Si tu sortais du néant, Devant ce gouffre béant, Voltaire, je vois ton rire.

Faut-il un Te Deuni, Pour le salut de l'empire ?

Faut-il un Te Deum?

Ouod erat demotistrandtcm.

Mai 1870.

LES GARÇONS D'ANGOULEME

Garçons d'Angoulême, Hélas ! gardez- vous^

Entre nous, De prendre quand même

La dondaine !

Une épouse aux yeux doux,

Entre nous.

Digue, digue dou !

Entre nous^ Hou!

(Bis.)

Moi, j'en ai pris une Qui me fait des tours

Tous les jours; Car c'est une brune,

La dondaine !

Qui fête les amours

Tous les jours !

Digue, digue dou !

Tous les jours ' Hou!

de Paul Avenel. 119

Maïs je la sermonne, Car je suis jaloux

Entre nous; Oui, mais la luronne

La donclaine !

Me fait ses grands yeux doux

Entre nous.

Digue, digue dou !

Entre nous, Hou!

Je lui dis : « Ma femme, Ayez moins d'amours

Tous les jours ; La maison réclame,

La dondaine !

Un peu votre concours

Tous les jours.

Digue, digue dou !

Tous les jours !

Hou ! »

Elle dit : « Mon homme, Ça dépend des goûts.

Entre nous.

De Paris à Rome,

La dondaine !

Je n'irai pas pour vous

Entre nous.

Digue, digue dou !

Entre nous.

Hou ! »

« Mais qu'allez-vous faire Seule aux alentours.

Tous les jours ?

— Je vais chez ma mère

La dondaine!

Chants et Ch anso?is

Méditer vos discours

Tous les jours, Digue, digue dou !

Tous les jours, Hou ! »

Garçons d'Angoulême, Il faut, savez-vous.

Entre nous.

Que celle qu'on aime

La dondaine; Soit plus bête que s^ous,

Entre nous, Digue, digue dou !

Entre nous, Hou!

{Imité d'une vieille chanson.)

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