‹ Chants et chansonsChapitre 87 sur 202 · REPRÉSENTANT DU PEUPLE · texte numérisé non relu

REPRÉSENTANT DU PEUPLE

Mort pour la Répubhque, le 3 décembre 1851.

Enfants, venez, venez au cimetière,

Le peuple y pleure un de ses vieux amis ^ !

A sa douleur joignez votre prière.

Après vingt ans, ce deuil nous est permis.

1. « Puisque aucun pouvoir, parmi nous, n'est inviolable, puisque le sceptre héréditaire est tombé quatre fois, puisque le bandeau royal attaché par la victoire s'est dénoué deux fois de la tête de Napoléon, puisque la souveraineté de Juillet a été incessamment assaillie, il faut en conclure qm ce n'est pas la République qui est impossible; mais lu monarchie. »

(Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, tome XI.)

2. Baudin était docteur en médecine, et, à Paris, rue des Martjrs, n» 1,11 s'était fait le médecin des pauvres. Il les soignait gratuitement.

de Paul Avenel. 159

Qu'en votre esprit le nom du mort se grave; O chers enfants, pensez-y désormais !

Baudin tomba, pour le droit, comme un brave. En grandissant, ne l'oubliez jamais.

César l'eût fait assassiner à Rome ; Napoléon, à Paris, l'a tué.

Parce qu'en lui la loi s'était faite homme, Quand le pays s'était prostitué.

Baudin était de ceux que l'on vénère; O chers enfants, pensez-y désormais !

Du sang versé Paris se régénère, En grandissant, ne l'oubliez jamais.

Paris n'est plus sous la poigne du crime Qui garrotta vingt ans la liberté.

Il peut enfin, reconnaissant, sublime.

Vouer le juste à l'immortalité.

Baudin est grand comme un martyr biblique, O chers enfants, pensez-y désormais !

L'homme de cœur meurt pour la République; En grandissant, ne l'oubliez jamais *.

Page 1