‹ Chants et chansonsChapitre 93 sur 202 · LE VIEUX REPUBLICAIN · texte numérisé non relu

LE VIEUX REPUBLICAIN

Air iV ArUlippe.

Nous l'avons donc enfin la République,

Disait gaîment un vieux républicain.

Un coup de foudre a balayé la clique

Dont s'entourait Sa Majesté Pasquin.

Quelle leçon pour notre pauvre France,

Et quel remords pour ces honnêtes gens,

Qui se faisaient, en toute confiance.

De ces pantins les humbles partisans. (Bis.)

Ne parlons plus de ces hontes passées, Occupons-nous de l'horizon prochain Qui s'ouvre immense aux humaines pensées Dont est si fier un vieux républicain.

lyo Chants et Chansons

Quatre-vingt-neuf! immortel Evangile De tout pays qui veut l'Egalité, Est là pour dire au pouvoir qui vacille : On n'est bien fort qu'avec la Liberté.

Oui nous l'avons, amis, la République; Mais, pour pouvoir toujours la conserver, Ayons au cœur une vertu civique, Et soyons prêts sans cesse à le prouver. Des potentats l'auréole est flétrie, Les oripeaux ont souillé nos palais :

Français, vivons pour la mère patrie.

Ne soyons plus un peuple de valets.

Occupons-nous avec persévérance, Des campagnards que l'erreur abrutit ; Ces pauvres gens rouilles par l'ignorance Prennent pour vrai ce qu'au prône on leur dit. Autour de nous répandons la lumière :

Les cagoulins n'ont plus droit de cité. Et le bon sens entrant dans la chaumière Porte avec lui partout la vérité.

Guidons l'enfant, afin d'en faire un homme. Enseignons-lui ses devoirs et ses droits. Il ne faut plus avoir recours à Rome, Pour établir le respect de nos lois.

Les hommes noirs et leur hypocrisie Assez longtemps ont tenu l'encensoir.

En nous vantant un Dieu de fantaisie Qui met les gens sous un grand éteignoir.

Les guérisons par l'eau de la Salette, Le saint Eunuphe et le précieux sang *,

1. Les femmes stériles font le pèlerinage de Saint-Eunuphe, pour devenir fécondes. Elles lui grattent le ventre avec un couteau et jettent la poussière qui en résulte dans le boire de leur mari. Puis elles ont beaucoup d'enfants — ou point.

de Paul Avcnel. 171

Font concurrence à la simple amulette Vendue un sou par un bon charlatan.

Sauvons l'enfant de ces grossiers mensonges Que poétise un honnête chrétien En construisant au milieu de doux songes Un paradis dont il ne connaît rien.

Le paradis, c'est notre intelligence,

Le paradis, c'est la prospérité

Que le travail apporte en récompense

Au travailleur, dans notre humanité.

L'instruction seulement fertilise ^

Le sol profond d'un grand peuple ouvrier;

L'école doit passer avant l'église,

Dieu le sait bien : travailler, c'est prier.

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