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Encore cette histoire s Écoulez-la bien !
Je l'ai lue ea un grimoire Ancien.
&» jour d'automne, par k ptoia, Un gètaria marotte essoufflé.
DE PlEUnt DUPONT. îtf
Et, sur sa barbe qu'il essuie, Aussi des pleurs ont ruisselé.
Il est en quête d'une grâce Où son bonheur est attaché ; Sa femme en son hameau trépasse D'un mal aux médecins cac)ié.
Encore cette histoire ; Écoutez-la bien!
Je l'ai lue'en un grimaire Ancien.
Fille d'une grande origine, A n'en juger qge par ses traits, La sourde langueur qui la mino Ajoute un charme à ses attraits.
Son front lisse n'a pas de ride, Ses yeux ont des regards pâlis:
Sa chair, délicate et candide, Est faite du tissu des lis.
Encore cette histoire :
Écoutez-la bien !
Je l'ai lue en un grimoire Ancien.
Le pèlerin, par la pensée,
La voit mourante sur son lit ;
Cependant sa marche forcée
Par la fatigue s'affaiblit;
Le tableau d'une vieille auberge
S'offre à son œil décourage :
C'est un vaisseau que l'eau submerge,
A l'enseigne du Naufragé.
Encore cette histoire ;
Ecoutez-la bien !
Je l'ai lue en un grimoire Ancien.
Notre homme entre, s'essuie et mange ; Sur une autre table accoudés, Deux hommes, à figure étrange, Sans rien dire jouaient aux dés.
Sur le tapis on ne voit luire Ni pièce d'or ni marc d'argent; A peine on distingue un sourire De l'un à l'autre s'échangeant.
Encore cette histoire :
Écoutez-la bien!
Je Fai lue en un grimoire Ancien. *
Seigneurs, votre jeu m'intéresse, Dit le pèlerin curieux; J'y hasarderais quelque pièce Si le gain luisait à mes yeux.
On ne joue ici que son âme, Dit l'un d'eux, un vrai sorcier, Dont l'œil, aigu comme une lame, A des éclairs comme l'acier.
Encore cette histoire :
Écoutez-la bien!
Je l'ai lue en un grimoire Ancien.
Si vous pouvez guérir ma femme, Dit le passant, je tiens l'enjeu.
En deux coups il perdit son âme Et regagna sa femme au jeu.
Au retour, sa femme guérie Lui dit d'un air mystérieux :
Votre âme s'est évanouie, Je ne la vois plus dans vos yeux
Encore cette histoire .
Écoutez-la bien !
j Je l'ai lue en un grimoire
Ancien.
DE PIERRE DUPONT. 2 t9
À ces mots, il chancelle et tombe, Il va descendre chez les morts, Quand un baiser de sa colombe llappelle son âme en son corps.
Du pacte infernal qui l'engage, Par l'amour il est dégagé.
N'allez pas en pèlerinage A l'auberge du Naufragé.
Ainsi finit l'histoire, Vous m'en croirez bien !
Je l'ai lue en un grimoire Ancien.