LE BOUVREUIL
Ta voix m'émerveille,
Chante, gai bouvreuil!
Ta voix plaît à l'oreille Et ton plumage à l'œil :
Chante, gai bouvreuil !
Quand le rossignol cesse De chanter sa tendresse Quand il voit ses petits, Le bouvreuil continue, Et sa voix, moins connue, A des fredons gentils.
Ta voix m'émerveille,
Chante, gai bouvreuil !
Ta voix plaît à l'oreille Et ton plumage à l'œil :
Chante, gai bouvreuil !
Dans le fouillis des lierres, Ces vieux rongeurs des pierres,
Son riidest abrité; Hélas ! quand il repose En des touffes de rose.
Il est bien plus guetté.
Ta voix m'émerveille,
Chante, gai bouvreuil!
Ta voix plaît à l'oreille
Et ton plumage à l'œil :
Chante, gai bouvreuil !
Chaque beauté qui passe Du regard le menace ; Le rosier est si beau !
Ses branches purpurines N'ont pas assez d'épines Pour défendre l'oiseau.
Ta voix m'émerveille,
Chante, gai bouvreuil!
' Ta voix plaît à l'oreille
Et ton plumage à l'œil :
Chante, gai bouvreuil!
Le noir serpent le guette; Tenant sa griffe prête, Et dardant son œil clair.
Le chat joue et se roule, Rampe, se met en boule, Et fond comme un éclair.
Ta voix m'émerveille, Chante, gai bouvreuil!
Ta voix plaît à l'oreille Et ion plumage à l'œil Chante, gai bouvreuil!
Au bouvreuil, fleur vivante, Qui, dans le rosier, chante, Laissons la liberté !
Il perdrait dans sa cage
La fleur de son plumage, L'éclat de sa gaieté.
Ta voix m'émerveille*
Chante, gai bouvreuil!
Ta voix plaît à l'oreille Et ton plumage à l'œil :
Chante, gai bouvreuil!