‹ Chants et poésiesChapitre 37 sur 204 · LES TAUREAUX · texte numérisé non relu

LES TAUREAUX

Voyez paître aux bords des marais Ces taureaux dont les rudes traits,

Le fanon superbe, Attirent plus d'un voyageur, Qui les regarde, tout songeur,

Des prés tondre l'herbe.

On voit s'agiter les roseaux Partout où leurs larges naseaux

Soufflent leur haleine:

Leurs yeux ont des reflets sanglants, Leur poil flotte sur leurs fronts blancs

Ea touffes de laine.

Dans ces taureaux à l'œil de feu, L'Egypte aurait choisi son Dieu.

Pour ses sacrifices, Home eût pris le plus argenté, Le plus fier, qui passe en beauté

Les blanches génisses.

Leurs cornes menacent le ciel Et perceraient d'un coup mortel,

En rase campagne, Le plus vaillant toréador

Qui moissonne la gloire et For Aux cirques d'Espagne*

Qu'il vienne à passer par hasard Une génisse au doux, regard,

Vers leur marécage, Ils feront, sauvages amants, Retentir de mugissements

Rivière el. pacage.

Restez libres dans le désert, Broutez le pâturage vert,

Fuyez nos entraves !

Loin des tyrans et des bourreaux, Paissez en liberté,, taureaux :

Les bœufs sont esclaves.

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