‹ Chants et poésiesChapitre 40 sur 204 · LA SÉRÉNADE · texte numérisé non relu

LA SÉRÉNADE

Les roses pour moi sont pareilles, Pareilles pour moi sont les fleurs Que Mai répand de ses corbeilles Sur les vallons, sur les hauteurs;

Mais dans la guirlande embaumée De jeunes filles de vingt ans, Dont chacune est tout un printemps, Je ne vois qu'une bien -aimée!

Les étoiles et les planètes Qui, dansant en rond dans les cieux, Font rêver bergers et poêles Sont toutes des sœurs à mes yeux; Mais sur la terre parsemée D'astres et de rayons épars, Je ne vois rien que les regards De tes yeux, ô ma bien-aimée !

Qu'un rossignol s'épuise et meure:

Au faite du même tilleul,

Un autre chantant dans une heure

T'apprendra qu'il n'était pas seul.

Aucune musique animée

Ne peut tromper mes longs ennuis,

Si ce n'est, entre mille bruits,

La chanson de ma bien-aimée.

Que toutes les fleurs se flétrissent'!

Que les oiseaux meurent d'amour!

Et que les étoiles périssent, Périsse la clarté du jour Plutôt que ma fleur parfumée, Ma chanson, mon étoile d'or; Que l'univers périsse encor Plutôt que toi, ma bien-ajméel

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