‹ Chants et poésiesChapitre 60 sur 204 · UNE NUIT · texte numérisé non relu

UNE NUIT

Dans les prés nous allions chaque soir

Regarder se lever rétoile, Et, ce soir, ma paupière se voile ; Je t'attends sans espoir :

ma pensée ! .

ma fiancée 1

Sous le bouleau, Dont la feuille tremble, Nous demeurions si longtemps ensemble, Sous le bouleau, Auprès de l'eau.

Les troupeaux s'en vont à l'abreuvoir, Le berger poursuit la bergère; Seul errant sur la noire bruyère, Je t'attends sans espoir :

ma pensée !

ma fiancée !

Sur nos amours, belle cruelle !

Le soir discret étendait son aile.

Sur nos amours, Hélas ! trop courts.

L'Angclus a tinté, viens f asseoir; Le grillon sur la plaine crie, Sa chanson berçait ma rêverie :

Viens combler mon espoir.

Quand vient minuit, Heure où l'amour veille, Des rossignols la voix qui s'éveille Charme la nuit, Quand vient minuit.

Mon regard cherche en vain ton œil noir, Ma main, ta chevelure blonde, beauté perfide comme Tonde !

Je t'attends sans espoir :

ma pensée !

ma fiancée !

Plus de serments, A l'heure où la lune Dore ou blanchit la colline brune, Plus de serments, De mots charmants.

douceur ! 6 divin nonchaloir, Que troublait seulement l'aurore, Ma beauté, t'en souvient-il encore?

Tu fais mon désespoir ; ma pensée !

ma fiancée !

Nous revenions, Lorsque l'aube en fête Nous envoyait ses cris d'alouette Et ses rayons, Nous revenions.

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