‹ Chants et poésiesChapitre 61 sur 204 · LE RÊVE QUE J'AI RÊVÉ · texte numérisé non relu

LE RÊVE QUE J'AI RÊVÉ

Un jour, du prix de mes leçons, Ilélas ! je n'enseigne personne, Et du produit de mes chansons, N'oubliez pas que je les donne, Je veux m'acheter à Paris Une maison d'un très-bas prix, Notez que les maisons sont chères, Pour y loger les pauvres hères Qui sont logés sur le pavé; C'est un rêve que j'ai rêvé.

Un jour, le fusil sous le bras, Je veux faire une bonne chasse, Tuer tout gibier gros et gras, Je n'ai jamais tué bécasse ; Et du prix de la venaison Je veux fonder une maison, Une publique hôtellerie, Où jour et nuit on boive, on rie, D'où Ton parte le pied levé; C'est un rêve que j'ai rêvé.

Je veux, si jamais je suis roi, On a vu mieux, on a vu pire, Octroyer un blanc palefroi A tous les gueux de mon empire, Dégrever mes sujets d'impôt, Donner à tous la poule au pot, Des dots aux pauvres demoiselles, Comme aux veuves, laides ou belles, Un époux neuf et tout trouvé; C'est un rêve que j'ai rêvé.

Enfin, mon rêve le plus cher, Passez-iuoi celle simple envie,

Serait de souffler sur l'enfer, Qu'on fait brûler dans l'autre vie.

Je voudrais que le paradis Ne fût pas un petit taudis, Bon tout au plus pour cent personnes, (ju'on en pût gagner les couronnes Sans réciter toujours Y Ave; C'est un rêve que j'ai rêvé.

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