‹ Chants et poésiesChapitre 63 sur 204 · RÉGINA · texte numérisé non relu

RÉGINA

J'avais un cœur pour chaque femme; Plus d'une duchesse à plaisir Venait se brûler à ma.flamme :

Alors je n'avais qu'à choisir.

Mais Régina la brune Un jour passa,

Et mon cœur se fixa.

Je n'en aimai plus qu'une, Que Régina,

Dont l'amour me damna ;

Cruelle (ter) Régina !

Îa jeunesse rieuse et folle Ne la regardait qu'en tremblant; Vit-on jamais une créole A l'œil plus noir et plus brûlant, Qui sût dans sa parure

Marier mieux, Pour prendre tous les yeux, La soie et la dorure, Que Régina

Dont l'amour me damna ; Cruelle (ter) Régina !

L'un aimait sa jambe ou sa taille, L'autre exprimait tout bas le vœu De prendre à son chapeau de paille La frange de son ruban bleu.

On aimait sa paupière, Ses cheveux bruns,

Ses bagues, ses parfums;

Je t'aimai tout entière,

Régina!

Dont l'amour me damna ; Cruelle (ter) Régina !

Son regard semblait me promettre Qu'un jour finiraient mes douleurs.

Sendant six mois, sous sa fenêtre, .

«es froides nuits j'ai bu les pleurs. Jadis à de beaux anges

Je promettais Comme elle, et je mentais; Régina, tu les venges l

Régina !

Dont l'amour me damna ; Cruelle (ter) Régina !

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