‹ Chants et poésiesChapitre 71 sur 204 · LE COURSIER · texte numérisé non relu

LE COURSIER

Qu'impatient de servitude

Un coursier à demi dompté

Se prenne à rêver solitude,

Gazon, air pur et liberté :

Le plus léger fardeau l'indigne,

Et les fanfares du clairon

L'emportent bien loin de la ligne

Où le pousse un faible éperon.

En vain l'homme retient les guides ;

11 ne reconnaît plus sa main;

D'un bond il est seul, le chemin

Semble fuir sous ses pieds rapides.

Vers ses maternelles forêts Un invincible instinct le pousse.

Là, des fourrages toujours prêts, De molles litières de mousse; Là, pour abri contre l'été, L'ombre que le chêne déploie.

En recouvrant sa liberté, Le fier coursier hennit de joie :

Quel doux gazon ! le cou ployé, 11 veut l'atteindre et perd sa peine ; Pauvre captif! son frein le gêne, Son frein, qu'il avait oublié.

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